Première visite à Babouli
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Aujourd’hui nous partons découvrir Babouli et son école. L’Inspecteur de la Circonscription de l’Enseignement de Base de NANORO nous a fortement incités à nous rendre sur place.




La piste est longue et accidentée. Après avoir salué le Préfet de PELLA, celui-ci demande à un villageois de nous indiquer la bonne direction : « A droite, nous dit-il, toujours à droite », et finalement, nous y voilà.

L’ombre du caléicédra n’est pas assez large pour abriter la foule colorée qui nous attend : hommes, femmes et enfants sont là, derrière le Chef coutumier et le Délégué administratif. Les « Bonne arrivée ! et Laafi ! » s’échangent avec des sourires et des poignées de mains.
Nous apercevons alors l’école. Une classe en banco recouverte de paille, une sorte d’abri sous lequel il fait curieusement frais. Nous nous y installons avec les autorités et l’instituteur.
L’eau de bienvenue nous est offerte ; la réunion commence ; tout se passe en mooré et l’instituteur traduit.

BABOULI, qui signifie « le puits du charlatan » compte 600 villageois, tous vivent de l’agriculture, de l’élevage et du petit commerce. Il n’y a pas de dispensaire.

La motivation des villageois se mesure aux efforts qu’ils ont fournis pour scolariser leurs enfants.
La classe où nous sommes, c’est eux qui l’ont faite ainsi que les tables-bancs ; celles-ci sont de simples tables construites en banco à hauteur d’enfants et les bancs sont de grosses branches.
Aucun matériel scolaire ; l’instituteur fait toutes ses leçons au tableau : 109 élèves de 6 à 8 ans se sont présentés dès la rentrée 2004/2005 ; 39 filles et 70 garçons ! T
ous apprennent le français en même temps qu’ils s’initient à la lecture et au calcul.

Le Chef du village raconte que l’école de trois classes est en fin de construction et ouvrira en octobre ; mais le mobilier scolaire promis n’arrive pas. Et surtout, aucun logement n’est prévu pour l’enseignant.
Ce dernier explique que, depuis octobre 2004, il vit dans un minuscule logement en banco que les parents d’élèves lui ont construit. Mais il ne peut faire venir son épouse et son enfant. Combien de temps tiendra-t-il dans ces conditions ? Il dit qu’il aime les enfants, son métier, qu’il souhaite continuer la classe à la rentrée prochaine et qu’il aimerait avoir sa famille avec lui…
La solution est dans la construction d’un logement de trois pièces. Tout le monde compte sur nous : pour le logement, les fournitures scolaires et la prise en charge des frais de scolarité des filles…

Nous ne pouvons refuser de soutenir un village qui a tout mis en œuvre de lui-même pour donner à ses enfants un début d’éducation. Même une cantine a été mise en place trois jours par semaine et les mères d’élèves se relaient à la cuisine.
Les remerciements et les applaudissements concluent cette première réunion.
On nous invite à partager un repas simple mais délicieux.
Les femmes m’offrent un pagne en tissu traditionnel et les parents d’élèves deux statuettes en bronze. Nous les quittons en promettant de revenir en juin.
 
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