Itinéraire d'un médecin burkinabè hors norme
Lundi, 16 Mai 2005 00:00
 Docteur Aboubakar COULIBALY

 

 

 

 

 

 

 

 

A 42 ans, Aboubakar COULIBALY, chirurgien expérimenté, se caractérise comme un homme simple, souriant et passionné par son métier, la médecine.

C’est une fois de plus la blague facile qu’il vient au bureau de Res Publica pour nous saluer et nous remercier avant son retour au Burkina Faso.

Derrière cette homme discret se cache un parcours professionnel impressionnant.

 

Etudiant brillant, Aboubakar fait 7 ans de médecine à la Faculté de Moscou (1986 à 1993) et obtient même en complément de son Doctorat, un diplôme d’interprète et d’enseignement de la langue russe.
De retour au Burkina Faso, il est affecté en tant que Médecin Chef au Centre Médical de Léo – Sissili.
En 1994, après une formation en Gestion de District Sanitaire et en Chirurgie Essentielle, Aboubakar est nommé Médecin-Chef des districts de Léo et de Tô.
Il dirige alors près de 200 personnes réparties dans sur 32 centres de santé (CSPS).
Sa position sociale est alors confortable mais Aboubakar aime les défis et ne souhaite pas en rester là.
 
Il rencontre le couple Perrin en 2001 dans le cadre d’un projet de construction d’un Centre de Santé à Laponé. Les deux blancs lui présentent leur association « Res Publica » et leurs ambitions sur place pour appuyer plusieurs projets dans les domaines de la santé et de l’éducation. Cette collaboration leur permettra d’apprendre à se connaître et à s’apprécier.
Aboubakar émet alors le souhait de se spécialiser en Gynécologie-Obstétrique.

Le dossier est long et difficile à monter, de plus, la formation qu’il souhaite entreprendre n’est pas encore ouverte au Burkina Faso. Il lui faudra donc aller la suivre à Cotonou (Bénin) pendant 4 ans, incluant une période de 18 mois de stage dans un pays  « technologiquement avancé ».
C’est alors qu’il fait appel aux Perrin pour rentrer dans un dispositif d’appui à la formation soutenu par Res Publica. Il lui faut trouver les fonds nécessaires au financement du coût de formation mais aussi aux frais de vie (logement, nourriture, transport, etc…) et ce, durant ces 2 ans et demi de formation à Cotonou et durant son stage pratique de 18 mois en France. A cela vont évidemment s’ajouter les barrières administratives d’obtention du visa français, essentiel pour rentrer sur le territoire français.
C’est sur ces problèmes que Res Publica va, peu à peu, suivre et accompagner Aboubakar au fur et à mesure de la construction et de l’avancement de son projet.
Le financement accordé est modulé avec une partie subvention (bourse) et une partie prêt, remboursable à son retour au pays. Ce fonctionnement, facilement adaptable au cas par cas, se veut motivant et impliquant pour les bénéficiaires qui ne doivent, dans aucun cas, se sentir pris en charge ou assister.
Aboubakar reste donc maître de son projet et Res Publica, un levier et un moyen de remplir les conditions d’accès vers ces objectifs de formation.
 
Une fois en France, Aboubakar choisit des spécialisations inédites au Burkina :
- Etudes des Thérapeutiques de stérilités,
- Techniques de Fécondation In Vitro (FIV),
- Etude de la Médecine Fœtale (maladies congénitales, maladies génétiques et traitements par biologie moléculaire des foetus),
- Formations chirurgicales de reconstruction mammaires, techniques de prothèses mammaires, techniques de réduction dans des cas d’hypertrophies ou de lipectomie…
 
Aujourd’hui, Aboubakar vient prendre congé de Res Publica.
Son stage pratique en France est terminé. Il rentre au Burkina et va retrouver sa femme et ses 2 enfants, Carl, 4 ans et Arrold, 18 mois. Il n’a encore jamais vu le petit dernier (sauf en photo) car il est né un mois après son départ pour la France. Les retrouvailles s’annoncent intenses…
 La dernière étape pour lui sera de valider son dernier stage pratique à Cotonou et de soutenir sa thèse. Nul doute qu’il réussira brillamment cette dernière épreuve.
Aboubakar rentre au pays avec des bagages lourds en références et en expériences.
Il ne sait pas encore où il sera affecté, l’hôpital de Koudougou ou celui de la capitale, Ouagadougou.
Ce qui est sûr, c’est qu’ils auraient de nombreuses opportunités pour exercer et mettre en valeur ses nouvelles compétences.  

A l’heure du départ, il nous confie :
« Je tiens à remercier l’association Res Publica pour son soutien financier et matériel mais aussi pour son soutien moral tout au long de notre collaboration et de mon séjour en France.
Votre appui  m’a permis de mener à bien cette formation.
Aujourd’hui, je rentre chez moi avec des connaissances théoriques et pratiques nouvelles au Burkina Faso. Je ramène par exemple de nombreux matériels et documents d’interventions médicalisées sous forme de reportage technique (vidéos, CD Rom ou  documents écrits) qui me serviront de base pour mettre en œuvre et transmettre ce que j’ai appris.
De plus, je suis fier de pouvoir mettre en valeur un réseau de relations professionnelles de haut niveau qui me permettront de continuer à suivre les avancées médicales internationales.
Ce séjour en France a été pour moi un grand pas dans la connaissance, la formation  et dans l’échange humain.
Je prends devant vous  l‘engagement formel de contribuer à l’action de Res Publica au Burkina Faso et en Afrique, en étant membre actif sur place et en mettant mes compétences à votre disposition dans le cadre de vos actions de développement.
J’espère aussi pouvoir transmettre mon savoir et mon expérience par l’encadrement d’étudiants et pourquoi pas en tant que formateur à  l’université de Ouagadougou… ».
 
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