Ciné-Brousse amène le cinéma jusqu’au Burkina Faso

Ciné-Brousse amène le cinéma jusqu’au Burkina Faso

La moins connue des trois associations thoisseyennes qui œuvrent au Burkina Faso n’en conduit pas moins, depuis 2009, une action visant à permettre aux populations de la province de Nanoro d’accéder au cinéma.

Le festival Ciné-brousse touche aujourd’hui plus de 7 000 personnes. Chaque année en février, Christiane Fournel et la petite équipe de Ciné-Brousse rejoignent la province de Nanoro, au Burkina Faso, avec, dans leurs bagages, des films africains sur l’excision, la sorcellerie, la polygamie ou encore les mariages forcés. Autant de sujets sensibles et complexes dans certaines cultures africaines, que la séance de cinéma permet d’aborder plus librement.

« Nous avons créé ce festival en marge d’Emej (Entraide médicale Eugène Jamot, une autre association de Thoissey qui apporte un soutien médical et sanitaire aux populations du Burkina), pour apporter aux populations les plus isolées – certains villages n’ont pas l’électricité – des films que nous doublons désormais en langue Moré, celle parlée dans cette partie du Burkina Faso », souligne Christiane Fournel. Une façon de sensibiliser sur des thématiques qui peuvent être génératrices de graves problèmes de santé, sociaux ou politiques.

 

 14 villages burkinabés visités chaque année

Tout n’est pas simple pour la petite équipe : il faut transporter l’écran et le générateur d’un village à l’autre (14 accueillent le festival chaque année, pendant un mois), rencontrer le chef coutumier pour le convaincre, organiser la séance, souvent au pied du grand baobab, puis lancer la discussion et le débat avec les habitants, souvent plus de 500 personnes par séance. « Parfois, nous dormons sur place, sur des lits d’appoint que nous transportons aussi dans le tout-terrain.10 km en France, ce n’est rien mais sur une piste de brousse, c’est impraticable à la nuit tombée », note Christiane, dont l’association a reçu le soutien des autorités de la province de Nanoro et surtout, celui de Res Publica, une Organisation non gouvernementale (ONG) qui investit beaucoup au Burkina Faso.

La petite association thoisseyenne compte des membres actifs partout en France, et l’équipe de base est composée de deux Savoyards, d’un Marseillais, d’une Burgienne et de la présidente fondatrice thoisseyenne.

 

Source: http://www.leprogres.fr