Revue de presse


Le Sidwaya - 1er Juin 2011 - Promotion de la santé publique : Le bon samaritain à Nanoro et Soaw PDF   Imprimer   Envoyer

Promotion de la santé publique : Le bon samaritain à Nanoro et Soaw


 

Dans le souci d’améliorer la santé des populations, l’association « Res publica » s’investit dans la construction et la rénovation des infrastructures sanitaires, à travers l’érection et la réhabilitation des locaux, l’installation de l’énergie solaire, l’approvisionnement en matériel médical, la mise en place d’une protection maternelle et infantile, la promotion du planning familial avec son partenaire santé, l’Association « Entraide Médicale Eugène Jamot » (EMEJ) du docteur Gérard Fournel. Un appui direct est savamment orchestré sur le terrain. L’impact est indéniable sur la qualité de vie des populations bénéficiaires.





Yolande Tiendrébéogo/Sougué est accoucheuse à Soaw dans la province du Boulkiemdé. De son expérience de stagiaire en milieu rural, elle en a gardé un souvenir des conditions difficiles dans lesquelles des accouchements la nuit, s’effectuaient : « Une salle éclairée d’une torche maintenue entre le cou et l’épaule ». Cette expérience qui a failli l’amener à redouter la pratique de sa profession, se trouve maintenant exaltée par l’action de l’ONG française, « Res publica », dans son lieu d’affection : « Aujourd’hui, nous sommes vraiment à l’aise sur le plan du travail ». Cette note de satisfaction résume l’ensemble des efforts consentis dans le cadre de la coopération décentralisée pour accompagner la politique gouvernementale en matière de santé publique.

Assise derrière un bureau dans une salle équipée de matériel médico-technique adapté au milieu, Mme Tiendrebéogo, effectue des va-et-vient entre sa chaise et la salle d’accouchement située juste derrière elle, en prenant toujours soin de rabattre la porte à chaque entrée et sortie : Une femme attend d’être délivrée sur une table d’accouchement. La propreté et l’ordre régnant sur les lieux s’allient à la bonne humeur de cette jeune fonctionnaire. Elucidant son amour pour un métier que les difficultés d’exercice ont troublé aux premières heures. L’accoucheuse ne cache pas sa joie de servir dans cette maternité dont les installations ont été construites en 2007 selon les normes d’une infrastructure sanitaire par « l’Entraide Médical Eugene Jamot (EMEJ) » du Dr Gérard Fournel grâce au soutien financier de l’association « Res publica » (la chose publique), basée à Lyon en France et présidée par Françoise Perrin.

Elle se dresse dans sa coquetterie pour remplacer l’ancienne bâtisse qui daterait des années 1960. « Soaw dispose maintenant d’une salle de suite de couche qui n’existait pas dans l’ancien bâtiment », se réjouit l’Infirmier chef de poste du CSPS qui abrite la maternité. La nouvelle infrastructure a été offerte aux populations avec tout l’équipement nécessaire à son fonctionnement dans un partenariat entre l’ONG et l’Etat burkinabé qui le dote en personnel et assure l’éclairage des lieux.

L’écho de la bonne qualité des soins dispensés rejaillit sur toute l’étendue de la commune rurale. Grâce à l’avancée enregistrée sur le plan des équipements et des locaux, le service maternel et infantile (SMI) à Soaw s’est agréablement renforcé. 190 à 200 accouchements s’opèrent par trimestre à la maternité dans les mêmes conditions de prise en charge financière que l’état offre partout ailleurs au Burkina Faso.

En plus, les femmes bénéficient d’une subvention de la planification familiale à hauteur de 75% accordée par l’Association EMEJ du Dr Fournel. Le seul regret de Yolande Tiendrébéogo reste l’absence de matériel roulant pour faciliter la mise en œuvre de la stratégie avancée consistant à sensibiliser les populations rurales afin qu’elles optent pour le recours des centres de santé. Elle convainc qu’une telle mesure préventive éviterait beaucoup de cas d’accouchements à domicile très fréquents en période des pluies avec tous leurs risques de mortalité maternelle et infantile. Les efforts fournis par le personnel de santé avec ses engins à deux roues ne suffisent plus. Ils sont d’ailleurs confrontés à un problème d’entretien dont le CSPS s’en charge pour le moment en guise de compensation. Cette insuffisance dont il convient à la localité bénéficiaire de combler apparaît une entrave majeure à une œuvre totalement salutaire conclue par « Res publica ».

Ce souci est d’autant plus partagé qu’avec la construction du barrage de Soum, certains villages comme Mogdin risquent de se trouver coupés du CSPS de Soaw. Et le Major d’émettre des inquiétudes sur la fréquentation du centre de santé par les populations concernées après la mise en eau de l’ouvrage.

Un grand soulagement

« Le simple fait de porter un regard sur le personnel le motive au travail. Le contact facile établit entre les agents de santé et les populations a entraîné une amélioration du taux de fréquentation des structures sanitaires », reconnaît Naba Tigré, chef de village de Soum dans la commune rurale de Nanoro.

Composé d’un dispensaire d’une maternité et d’une pharmacie, le CSPS a un impact réel sur le bien-être social des populations. Acquis grâce au soutien financier de « Res Publica », le Centre a permis la diminution du taux de morbidité et de mortalité dans la localité et les environs. De manière curative ou préventive, les différentes prestations ont rendu, un tant soit peu, la vie meilleure dans cette contrée. Les soins administrés à Soum peuvent s’enrichir des services du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA)-« Saint Camille » de Nanoro, situé à quelques encablures de là, dont la renommée dépasse les frontières de la commune rurale.

Selon le représentant de « Res publica » au Burkina Faso, Basile Darga, l’idée et la conduite du projet du CSPS de Soum relèvent d’une initiative du Dr Fournel. A travers son association, celui-ci continue d’accompagner le fonctionnement du CSPS. « Dès qu’un matériel médico-technique présente des signes de détérioration, il est automatiquement remplacé par nos partenaires français de l’Association Entraide Médicale Eugène Jamot ».

L’infirmier-chef de poste, Omar Zongo, ajoute que la forte fréquentation résulte d’un changement de mentalité ayant contribué à l’abandon des médicaments prohibés, à la prise en charge précoce des maladies et à l’option des naissances assistées. « La maternité a atteint 80% de taux de fréquentation », indique-t-il. Le rapport dressé en 2009 par l’ONG renseigne que depuis son ouverture en 2008, le CSPS de Soum assure, annuellement, une moyenne de 3 300 consultations curatives, 200 accouchements, 2 300 consultations de nourrissons et 700 consultations prénatales. Des résultats qui le placent dans les six formations sanitaires les plus sollicités du district sanitaire de Nanoro. Grâce à la subvention et à la sensibilisation, le planning familial a connu un bon qualitatif. De sept femmes en 2007, il a intéressé 121 en 2009.

Malgré l’éloquence de ce résultat et son caractère encourageant, la moisson demeure, selon les agents de santé, maigre dans la mesure où ce chiffre ne représente à peine que 12% des 950 femmes du village, en âge de procréer. Et le Major Zongo d’afficher son optimisme en renchérissant qu’un engouement réel est constaté au niveau du planning familial.

Nonobstant les moyens déployés pour asseoir des infrastructures et des services adéquats, les besoins exprimés par des populations en matière de soins de santé s’accroissent d’année en année à Soum et ses environs. D’où le cri de cœur du Major pour l’extension de la maternité à des suites de couches afin d’isoler les nouvelle accouchées des autres malades. Il plaide également pour un renforcement du personnel affecté et des logements. Car, soutient-il, ce sera un coup de pouce supplémentaire de l’Etat au concours de l’ONG à la promotion de la santé en milieu rural. Tout comme la santé de la reproduction des femmes, un accent particulier est mis sur la santé visuelle des élèves.

« Res Publica » organise des sessions de dépistage massif de trouble de la vision chez ce groupe spécifique. Cette action vise à garantir, par la prévention, la réussite scolaire des élèves atteints de problèmes bénins d’acuité visuelle. En 2010, le dépistage a concerné la majorité des enfants du primaire des zones d’intervention de l’ONG : Pella-Nanoro-Soaw. L’opération a consisté à la formation des agents de dépistage, au dépistage massif, à l’examen de diagnostic et les soins.

9 500 élèves issus de 49 écoles en ont bénéficié et 137 cas résolus par la remise de lunettes ou le traitement adapté. Boulpon, dans la commune rurale de Nanoro, où « Res Publica » a érigé un collège d’enseignement général (CEG) d’une centaine de millions F CFA s’est vu doter d’une infirmerie scolaire dont les prestations s’étendent aux populations riveraines. Bénéficiant des services d’une infirmière affectée par l’Etat, elle est investie de la mission d’offrir les premiers soins de santé aux élèves, de procéder à leur prise en charge et de mener des séances de sensibilisation sur les questions touchant les adolescents.

Assétou BADOH ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

Sidwaya

 
Le Sidwaya - 27 Mai 2011 -Soutien à l’éducation à Pella-Nanoro-Soaw : Appuis conséquents, résultats scolaires probants PDF   Imprimer   Envoyer

Soutien à l’éducation à Pella-Nanoro-Soaw : Appuis conséquents, résultats scolaires probants

L’idylle entre la patronne de l’ONG française, « Res publica », Françoise Perrin et la commune rurale de Nanoro brille si fièrement dans le secteur éducatif qu’il s’est étendu aux localités environnantes de Pella et Soaw. Les retombées de cette union ont forgé une île éducationnelle dans cette partie du pays où aller à l’école rime, pour bien d’enfants, avec l’assurance d’un cursus serein grâce à des possibilités d’ appuis tout au long de son cycle.

Le paysage éducatif de trois communes rurales de la province du Boulkiemdé (Pella-Nanoro-Soaw) s’est fortement enrichi de la maternelle au secondaire du ferment de l’Association « Res publica » : un complexe scolaire à Nanoro, un collège à Boulpon, une école primaire à Pella, la normalisation des écoles, la construction de latrines et de dispensaires dans les collèges, érection de cantines et de logements d’enseignants …. Les apports au profit des populations rurales forcent l’admiration. Frappés d’un sceau de « Progrès social et développement », ils construisent l’homme de demain dans cette partie du Burkina Faso.

En plus des infrastructures éducatives, le partenaire français participe à la vie de la communauté et assure le suivi des investissements. Il insère ses actions dans la politique nationale guidée par l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans et la gratuité. Dans la convention liant « Res publica » à l’Etat burkinabè, l’ONG s’engage à soutenir les activités pédagogiques et les directions provinciales de l’éducation, à doter toutes les classes d’enseignants, à veiller au bon fonctionnement des écoles. Selon l’inspecteur chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Nanoro, Jean Bosco Zouma, ce pari est brillamment tenu dans la mesure où l’amélioration de l’accès au système éducatif et de la qualité de l’enseignement sont aujourd’hui une réalité. « Notre localité a eu la chance d’avoir un partenaire sûr. Le respect des termes du contrat avec notre pays se manifeste par des cadres de concertations et des soutiens multiformes », soutient-il.

Depuis 2008, la circonscription de Nanoro a bénéficié de la construction de trois écoles, de la normalisation de deux autres ainsi que de cuisines, de latrines, de forages, de bureaux pour directeurs, de logements réhabilités … Dans cet élan de partenariat, le lycée départemental a été gratifié de deux classes équipées,des plaques solaires, de latrines. La salle des professeurs n’a pas été en reste. Le proviseur, Inoussa Zida, s’apprête, avec le soutien de « Res publica », à lancer un chantier de construction de deux classes cette année. Cette expansion vise à créer un cadre de travail adéquat aussi bien pour les élèves que pour les enseignants. Ce même impact est ressenti à Zamsin qui s’est vu doté d’un établissement contribuant à diminuer les effectifs de Sèguédin jadis de 80 à 90 élèves.

Les responsables éducatifs ont corroboré tous ces témoignages à Boulpon dont le collège bâti à hauteur de 100 millions F CFA avec toutes les commodités (logements de professeurs, énergie solaire, forage, cantine) offre une plus grande opportunité aux enfants de ce village et ceux environnants (Soala, Sèguèdin, Poessi, Sitaon et Nazoanga) d’accéder aisément au post-primaire. Même son de cloche chez le chef de la CEB de Pella, Pierre T. Ouédraogo. Sa commune rurale a reçu une école flambant neuve en 2009. Cette infrastructure a eu le double impact de décongestionner l’école A et d’accroître l’offre éducative de la localité. Dans la commune rurale de Soaw, ce refrain du vent bienfaisant venu de Lyon est repris en chœur. Le soutien à l’éducation dans cette contrée est palpable. Au-delà de la dotation en infrastructures et en équipements, c’est un tandem pour asseoir une éducation de qualité qui lie en permanence les partenaires et les acteurs de terrain.

Triple culture de la qualité, de l’égalité et de l’excellence


Toute l’attention portée au cadre de travail, aux équipements matériels et didactiques s’accompagne aussi d’un appui conséquent aux activités pédagogiques pour créer une synergie dans la recherche d’un enseignement de qualité. « Les écoles et les élèves bénéficient de fournitures et mobiliers scolaires, de vivres pour des cantines endogènes, de plaques solaires. Les activités pédagogiques sont soutenues par une dotation des encadreurs en carburant pour assurer la supervision du travail des enseignants et la promotion des tâches de production », relève Jean Bosco Zouma, chef de la CEB de Nanoro. « Res publica » fait donc de la « démocratisation » tous azimuts de l’école, son cheval de bataille. Le directeur de l’école Pella B, Guy Amédée Ouédraogo, soutient que lorsqu’une demande est motivée, elle reçoit généralement une réponse favorable.

Celle-ci se traduit par des formations continues et des recyclages des enseignants, financièrement soutenus. L’ONG participe également à la mobilisation sociale et à la sensibilisation par la formation des APE (Associations des parents d’élèves) et AME (Associations des mères éducatrices). Un tel engagement vise une prise de conscience chez les parents afin qu’ils assument convenablement leur rôle dans l’éducation des enfants.

Face à la modestie financière des couches rurales, une bienveillance s’affirme dans la prise en charge des cotisations des associations des parents d’élèves des filles et la culture d’un système de parrainage. « Depuis la création de l’école Pella B, toutes les filles ont bénéficié pendant ses trois ans d’existence de cette prise en charge de Res publica. D’autres localités en sont aussi concernées aussi bien dans le primaire que le secondaire », confie le directeur Ouédraogo. Le parrainage va de la prise en charge totale de la scolarité et de la tenue scolaire, à l’abonnement à la cantine dans les établissements secondaires. Plus de 200 élèves sur les 700 du lycée départemental de Nanoro en sont touchés.

Même si au critère d’admission d’office à l’entrée au collège, se sont ajouté d’autres tels la moyenne à l’entrée en 6e, la situation sociale ou les charges des la famille, un grand nombre de parents se voit soulagé par cette formule d’aide à l’éducation des enfants. « Nous avons décidé de nous occuper de 25% des effectifs des collèges et lycées et de nous limiter à un enfant par famille », explique André Kaboré, représentant zonal de « Res publica » à Pella-Nanoro-Soaw. Par ailleurs, tout élève travailleur peut bénéficier d’un parrainage à tout moment de son cursus. Des bourses sont également offertes à ceux désirant s’inscrire à l’enseignement supérieur ou d’entrer dans une école de formation professionnelle comme l’ENEP, l’ENSP ou le lycée professionnel agricole de Nanoro ...

En cas de redoublement ou de grossesse pour les filles, toute mesure d’accompagnement est immédiatement suspendue. La protection des filles issues des villages environnants d’éventuels risques a conduit à la création d’un centre d’hébergement à proximité du siège de « Res publica » à Nanoro.

La hausse des effectifs féminins dans les cycles primaire et secondaire a été phénoménale. Les chefs de circonscriptions certifient la croissance des taux d’accès et de succès ainsi que l’établissement de la parité garçon-fille. « On ne peut pas saluer assez quelqu’un qui vous aide volontairement à scolariser vos filles », résume Naba Tigré, chef de canton de Nanoro. Pour l’année scolaire 2010-2011, la CEB de Pella présente 238 filles contre 236 garçons au Certificat d’études primaires (CEP). La même CEB enregistre au CP 2 de l’école B 29 filles contre 21 garçons et au CP1, 28 filles contre 21 garçons.

A Nanoro C, c’est un effectif total de 182 filles contre 164 garçons. « Les interventions de Res publica dans les écoles et collèges ont porté leurs fruits », assure Paul Yaméogo, le directeur de l’école. La promotion accrue du genre est parvenue à renverser la tendance dans certaines écoles au plan quantitatif et qualitatif. A la CEB de Nanoro par exemple, les taux de succès ont connu un bond significatif : 78,84% en 2009-2010 contre 59,32% en 2007- 2008, avec 74,84% contre 50% en 2007- 2008 pour les filles. « Toutes ces initiatives ont eu un impact certain sur la vie de la communauté éducative, par l’amélioration des conditions d’études des élèves, l’allègement des charges des parents, et l’amélioration des indicateurs », souligne Moussa Ouattara, secrétaire général de la mairie de Soaw.

Malgré ce climat éducatif rassurant, en plus des lourdeurs de gestion des infrastructures soulevées çà et là, d’autres préoccupations, dans le but de parfaire les interventions, demeurent. A Boulpon, le directeur du collège Bakary Ouattara souhaite bénéficier d’un internat pour filles, tandis que le proviseur du lycée départemental de Nanoro, Inoussa Zida, plaide pour une plus grande implication des parents des bénéficiaires afin de conforter la position des éducateurs dans le suivi et la prévention des cas d’indiscipline et d’insuffisance chez des enfants pris en charge ou parrainés. Il arrive parfois que l’esprit participatif ne prévale pas dans l’exploitation des infrastructures. Ce qui engendre des incompréhensions entre les habitants, et l’administration scolaire soucieuse de la pérennité des ouvrages.

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Sidwaya

 

 
Le Sidwaya - 19 mai 2011- Un prélude à l’indépendance financière PDF   Imprimer   Envoyer

Crédit « Res publica » aux producteurs : Un prélude à l’indépendance financière

 

La promotion des activités rémunératrices de revenus constitue l’un des axes d’intervention de l’ONG française « Res publica » dans les communes rurales de Pella, Nanoro et Soaw. Grâce à des prêts octroyés sans intérêt, des hommes et des femmes améliorent leurs conditions de vie. A l’instar de nombreuses localités du Burkina Faso, la pauvreté monétaire représente l’une des faces les plus illustratives de la misère humaine dans les communes rurales de Pella, Nanoro et Soaw. Le microcrédit est l’une des armes utilisées par l’ONG française, « Res publica », pour insuffler un contexte de création des richesses.

 

Les activités rémunératrices de revenus connaissent un engouement particulier. La ligne de crédit ouverte en 2008 s’adresse aux acteurs d’une variété de secteurs d’activités dont les plus en vue, l’embouche bovine, la préparation de boisson locale (dolo), la maraîchéculture, la production vivrière, la riziculture, la restauration, le commerce du beurre de karité, la transformation des produits locaux, etc. Les ressources allouées évoluent d’année en année. Ainsi le crédit maraîcher a nécessité 4 749 050 F CFA en 2008, 6 913 865 F CFA en 2009 et 460 000 F CFA en 2010 avec un taux de remboursement compris entre 66,32 % et 100 %. Le prêt accordé aux riziculteurs s’opère en nature (dotation en engrais) et se rembourse sous forme de troc (un sac de 50 kg d’urée ou de NPK équivaut à 100 kg de riz paddy à la récolte). Cette forme de microcrédit a mobilisé 159 sacs en 2009 et 162 en 2010 pour un taux de remboursement de 100%.

Les crédits alloués dans le secteur agricole peuvent être, toutefois, perturbés par la qualité de la campagne. « La difficulté majeure de la microfinance dans l’agriculture résulte du fait que le recouvrement est susceptible d’être entravé par la mévente. En cas de mauvaise récolte, le processus de remboursement risque de chambouler », avertit Hubert Ouédraogo, Responsable du Programme de microcrédit.

« Res publica » n’étant pas une institution de microfinance, son intervention concerne essentiellement les personnes qui n’ont pas accès aux structures classiques de microcrédit. Son accompagnement vise à préparer les producteurs et les jeunes, essentiellement des parents d’élèves, à bénéficier des prêts des caisses populaires. De même, le riz troqué contre des dotations en engrais n’est pas commercialisé sur le marché traditionnel. Il est destiné aux cantines endogènes des écoles primaires publiques des zones d’intervention de l’Association. Ainsi, les élèves consomment et soutiennent les productions de leurs parents. Du coup, le riz produit localement s’assure d’un écoulement certain.

Dans la relation « créancier-débiteur », « Res publica » privilégie avec les contractants, un dialogue franc axé sur une compréhension mutuelle. Au regard de la mauvaise saison de 2009, l’ONG a consenti le remboursement des prêts sur un délai exceptionnel de deux ans au lieu d’un. Cette épreuve n’a pas entravé les crédits individuels.

Petit argent, gros bénéfices


En 2009, 3 270 000 F CFA ont été alloués à 34 producteurs, 4 935 700 F CFA en 2010 à trois producteurs, 247 500 F CFA en 2011 pour une personne. Avec le prêt de 3,3 millions F CFA obtenu en 2010 remboursable en trois ans, Marcel Kientéga de Nazaonga dans la commune rurale de Nanoro a acquis une décortiqueuse de riz paddy. En plus de ses activités de maintenance de forage pour lesquelles "Res publica" a débloqué 750 000 F CFA pour assurer sa formation et sa dotation en matériel, ses nouvelles occupations lui procurent de réels revenus. En 2010, sa machine a décortiqué 17 t de riz paddy et 16 t en 2010 à raison de 25 F CFA le kg décortiqué. Cette belle embellie des affaires agricoles a contribué à rembourser déjà 2 millions sur les 3 millions empruntés. « De nouvelles connaissances et de nouvelles activités sont toujours source de bénéfices. Elles ont conforté ma place de chef de famille car avec mes revenus, mes responsabilités en matière de nourriture, de santé ou d’éducation sont pleinement assumées », rappelle Marcel Kientéga, réparateur de forages et propriétaire d’une décortiqueuse.

En s’appuyant sur les opportunités de leur environnement immédiat, des initiatives de productivité sont entreprises pour fructifier et rembourser les prêts. Ceux octroyés aux femmes revêtent une attention particulière. Sept groupements féminins ont bénéficié de 3,3 millions F CFA en 2009 et six de 770 000 F CFA en 2010. « Res publica a permis à un grand nombre de femmes d’ici d’accéder aux sources de crédit pour être productrices. Aussi modestes qu’elles puissent paraître, les ressources allouées produisent de gros bénéfices », convainc Mme Léonie Bazié/Kanzié, du groupement des femmes du secteur N°4 de Nanoro et gestionnaire du point de ventes des produits mis au point par ses camarades. Cet ancien magasin de « FasoYaar » a été réhabilité et ouvert, le 8 mars 2011, par l’ONG pour servir de vitrine aux fruits des activités génératrices de revenus. Là sont stockés et proposés à la clientèle du savon, de l’huile de graine de Neem, de la purée de tomate, de la poudre de feuille de Moringa, etc. Environ une centaine de femmes regroupées au sein de sept (7) associations réparties dans la seule commune rurale de Nanoro expose leur création. Après avoir initié les postulants à la production de certaines denrées, la manne leur a agréablement souri. Avec une mise de 50 000 F CFA pour la transformation de la tomate en purée et 200 000 F CFA pour l’extraction de l’huile de neem, le groupement féminin du secteur N°4 de Nanoro tire son épingle de jeu. Cet investissement de « Res publica » a aidé ses onze membres à produire 130 boites de purée de tomate à raison de 1 000 F CFA chacune et 7,5 bidons de 20 litres d’huile de neem à raison de 50 000 F CFA chacun.

Comme la « Grameen Bank » de Muhammad Yunus au Bengladesh

Etalé sur un an, le remboursement exempt de tout intérêt pour les prêts accordés aux femmes a un impact réel sur leurs efforts à sortir de la pauvreté. « Les activités de microcrédit répondent à un souci de pérenniser l’investissement et de créer les conditions d’autofinancement », indique André Kaboré, le représentant de « Res publica » dans la zone Pella-Nanoro-Soaw. Les bénéfices réalisés permettent de constituer un capital pour les années suivantes et souvent rémunérer chaque membre sous forme de dividendes. Depuis trois ans, les douze membres du groupement féminin « Kiswendsida » s’investissent dans les deux activités majeures : la transformation de tomates et l’extraction d’huile de Neem. Les résultats atteints sont à la satisfaction des bénéficiaires. Et le taux de remboursement rassure pourvoyeur et bénéficiaire.

Un regroupement féminin de la commune rurale de Pella a même réalisé la prouesse de rembourser un prêt de deux millions en onze mois. Cette marque du respect des engagements a tellement ému l’époux de la première responsable de l’ONG qu’il a tenté une expérience personnelle en octroyant 300 000 F CFA à une Association de mères éducatrices (AME) à Sèguèdin dans la commune rurale de Soaw afin qu’elle finance ses activités génératrices de revenus. « Nos activités ont conforté notre rôle dans la famille. Notre indépendance et notre autonomie financières se sont accrues. Nous disposons maintenant d’un pouvoir de participation financière aux besoins du ménage et de nos enfants », raconte Mariam Kondombo, la présidente. A la date du jeudi 14 avril 2011, le site de vente propose à la clientèle 218 litres d’huile de neem à 3 000 le litre et 200 boites d’un litre de purée de tomate à 1000 la boite. Soit une immobilisation financière temporelle de 855 500 F CFA sans oublier que le renouvellement s’effectue chaque semaine. « Les femmes perçoivent leurs nouvelles occupations comme une source de libération d’un fardeau de l’inutilité dans la société. Dorénavant, elles disposent d’un créneau pour prendre part à la vie socioéconomique de leur environnement », rappelle Martine Bonkoungou, responsable des activités rémunératrices des femmes de « Res Publica ».

Jolivet Emmaüs ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

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Le Sidwaya - 16 Mai 2011 - Promotion du monde rural à Pella, Nanoro et Soaw PDF   Imprimer   Envoyer

Promotion du monde rural à Pella, Nanoro, Soaw : « Res publica » pousse la terre à sa franchise

 

En une décennie d’intervention en milieu paysan burkinabè, l’association française « Res publica » est parvenue à semer l’espoir du développement humain dans les communes rurales de Pella, Nanoro et Soaw, dans la province du Boulkiemdé. Ses actions de soutien à l’agriculture ont instauré la quête permanente de l’autosuffisance alimentaire.

Le développement humain se forge une durabilité dans la partie Nord de la province du Boulkiemdé. L’ONG française « Res publica », appuie sur le levier de l’agriculture dans les communes rurales de Pella, Nanoro et Soaw pour y parvenir. « L’élan de développement impulsé par Res publica, c’est de libérer l’homme de sa misère, en lui accordant les moyens de s’autodéterminer », décline Basile Darga, coordonnateur national. Sur son périmètre de 600 m2 au bord du barrage de Soum dans la commune rurale de Nanoro, Bruno Ouédrogo pratique la culture de l’oignon à l’aide de sa motopompe avec le précieux concours de l’ONG. Comme pour ses camarades producteurs de tomate sur le même site, la moisson s’annonce fructueuse. En témoigne la présence des acheteurs ghanéens. Le prix de la caisse de tomate oscille entre 3 500 F CFA en période d’abondance et 75 000 F CFA en temps de rareté.

L’ajout du volet « agroforesterie » aux interventions de « Res publica » en 2006, produit des merveilles. Cela a offert un tremplin à l’agrobusiness, au grand bonheur de 2 groupements de producteurs à Pella, 10 à Nanoro et 2 à Soaw. Rationnellement, les rendements se sont accrus, la nutrition s’est améliorée, le pouvoir d’achat a augmenté et les spéculations se sont diversifiées. « La vie a maintenant, un bon goût mielleux dans notre contrée. Avant, les activités s’arrêtaient à la saison des pluies. D’où l’oisiveté et l’exode rural. L’action de l’ONG a eu un impact salutaire », indique Marcel Ouédraogo, secrétaire général du groupement de producteurs « Zood-Noma » de Boulpon, à quelques encablures de Nanoro. Quelques trois tonnes d’oignon sorties de son périmètre attendent la période propice pour être écoulées. « Il m’est très fastidieux d’énumérer toutes les retombées de Res publica pour les populations. Le constat saute à l’œil : leur situation est devenue meilleure », résume Naba Tigré, chef coutumier de Nanoro.

Les prémices d’une vie agricole en rose

La bienveillance de l’ONG dans le secteur agricole va de la dotation en semences et des conseils aux paysans à la préparation des sols et à la vente. « Res publica agit en aval et en amont en misant sur le producteur lui-même, en investissant sa terre et en invitant son sens de l’innovation. Le résultat est à la hauteur du partenariat fructueux », se réjouit Florent Diendéré, responsable du Programme agropastoral. De la tomate, les cultures maraîchères se sont enrichies de choux, d’oignons, de piment, de carottes, poivron, aubergines locale et douce… et même de pomme de terre, jadis impensable dans la zone. Des centaines d’hectares y sont consacrés. « La promotion du monde agricole, telle qu’entreprise par Res publica, a consacré la foi en la terre et consolidé, à tous les égards, les bénéfices du paysannat. La faim fout progressivement le camp pendant que l’argent rentre », confirme Marcel Ouédraogo, chef de la Zone d’appui technique (ZAT) en agriculture.

La démarche de « Res publica » revêt toute une originalité. L’accent a été mis sur l’adoption de techniques culturales, la maîtrise du paquet technologique, la compréhension des enjeux agricoles (production, conservation, commercialisation). Dans une approche participative, la bataille se gagne mutuellement. Il suffit que le paysan creuse selon les prescriptions pour que tout le reste (ciment, gravats, main-d’œuvre) soit pris en charge par « Res publica » pour la fosse fumière. 2011 verra la construction de 160 contre 90 en 2010 pour un soutien financier à la réalisation de 10,080 millions CFA. Le crédit agricole n’est pas systématique pour l’acquisition de certains intrants. Une subvention à hauteur de 40 % est une des options d’appui. Le bilan à mi-parcours de la campagne 2010-2011 est éloquent à tous les niveaux. 246 agriculteurs ont produit 172,1 t sur une superficie totale de 43,01 ha sur les trois sites rizicoles de Nanoro, de Pella et de Soaw. Soit un rendement de 4 t/ha et une production haussière de 119 % par rapport à l’an dernier.

La dotation d’un sac d’urée ou de phosphate NPK équivaut à 100 kg de riz paddy à la récolte. Les cultures de contre-saison ont été bénies par la double vulgarisation des spéculations maraîchères et de la petite irrigation. Au seul premier trimestre de l’année 2011, la production de tomate a franchi la barre de 1 051 t pour un gain d’environ 103 millions F CFA dans les localités de Pella et Nanoro. Les activités de défense et de restauration des sols (DRS) en ont fortement contribué.

Cet élan de conjugaison de la richesse et du bien-être grâce à la terre, se retrouvent en l’introduction de la culture du « Moringa olifeira » ou « l’arbre du paradis » connu pour ses vertus nutritives et ses retombées économiques. En attendant une exploitation à grande échelle, son expérimentation s’effectue dans les écoles, les familles, les jardins maraîchers et le Centre de promotion des handicapés de Nanoro.

Sous la houlette du représentant zonal de Pella-Nanoro-Soaw, André Kaboré, les sorties de terrain se multiplient, en vue de susciter un changement de mentalités. « C’est l’amer constat de la souffrance humaine dans cette partie du pays qui a convaincu les partenaires français à agir. D’abord, avec Entraide médicale Eugène Jamot (EMEJ) du Dr Gerard Fournel en 1992. Quand les besoins se sont accrus, il a, ensuite, fait appel à Res publica basée à Lyon en France. La responsable, Françoise Perrin, a apporté les ressources conséquentes. Depuis, elle œuvre à donner espoir aux couches défavorisées », explique-t-il.

Sur les sentiers de l’espérance socio-économique


Dans le village de Goala, commune rurale de Pella, les 76 membres dont 12 femmes de l’association « Nong-Taba », se frottent les mains. L’exploitation des 10 ha dont 7 de riz et 3 de légumes, avec un appui de 22 sacs d’urée et de 30 autres de NPK, a entraîné une production rizicole atteignant 30,7 t pour la campagne 2010-2011. « Nous ne dépensons plus pour l’engrais. Il n’y a plus de calvaire pour acquérir des semences. Ce sont des avancées significatives. Nous sommes maintenant en mesure de nous auto-suffire et de disposer de moyens financiers », soutient Salif Zagré, le président du groupement. Tout comme Goala, le village de Sèguèdin dans la commune rurale de Soaw abrite la deuxième aire de battage construit par les soins de « Res publica » pour améliorer la qualité de riz dont la culture connaît un engouement certain. Les 38 riziculteurs dont 12 femmes réunis dans le groupement « Nabons-Wendé », présidé par Marcel Zongo, exploitent 17 ha avec une production individuelle moyenne de 800 kg. Le manque crucial d’eau se trouve en partie comblé avec la réhabilitation des digues de certaines retenues d’eau comme à Goala et à Nazaonga. Les cultivateurs de Pella, de Nanoro et de Pella savent désormais, à quoi se tenir pour fructifier leur saison sèche. « La terre ne ment pas ». Cet adage commence à recouvrer tout son sens dans les communes rurales de Pella, Nanoro et Soaw.

Jolivet Emmaüs ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

Sidwaya

 

 
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