Rapport d'activités 2005
Durant l’année 2005, les activités de RES PUBLICA se sont principalement concentrées sur le Burkina Faso, dans la continuité des actions menées en 2004.

Cette année a été riche en réalisations et a permis à l’association de mieux s’organiser afin de se donner les moyens de ses ambitions.

Ainsi, en avril 2005, l’embauche de Thierry SCIARI en tant que gestionnaire de projets a permis à Françoise Perrin, la Présidente, de déléguer quelques unes de ces nombreuses activités.
Thierry a pris en charge le suivi de certains projets avec l’équipe Burkinabè. De plus, il assure les aspects financiers, comptables et administratifs, et travaille sur les méthodologies de pilotage et d’évaluation des programmes menés sur place.
Enfin, Thierry se charge des relations extérieures (recherche de nouveaux partenaires potentiels en France, au Burkina Faso mais aussi dans de nouveaux pays bénéficiaires) et des aspects communication, avec notamment la mise en place et la gestion en interne du nouveau site Internet de RES PUBLICA sous l’adresse http://www.respublica.asso.fr .

L’organisation en terme de déplacements au Burkina Faso a été modifiée puisque la Présidente  et le gestionnaire de projets se partagent les voyages à raison de 3 à 4 voyages par an chacun.
La présence des représentants français sur place a donc fortement augmenté avec environ 4 mois par an de présence physique dans le pays.
De plus, la forte implication de Basile DARGA, en tant que représentant national et coordinateur national pour le Burkina Faso, a permis de structurer notre action et a grandement facilité l’ensemble des démarches administratives et la mise en place de partenariats effectifs (sous forme de conventions) avec les structures étatiques locales.

RES PUBLICA est dorénavant physiquement implanté sur Ouagadougou (la capitale) grâce à la location d’un bureau entièrement équipé.
La répartition des tâches au sein de notre équipe burkinabè s’est faite assez naturellement avec Basile DARGA pour la coordination nationale, Mamadou OUATTARA à Koudougou et André KABORE, sur le terrain, à Nanoro.

La saison agricole 2004/2005 restera marquée par une très faible pluviométrie qui a engendré de très mauvaises récoltes.
Ainsi, la période de soudure a été très difficile pour les villageois, accompagnée par une hausse des prix des aliments de base (mil, sorgho, riz).
Ces circonstances très difficiles ont eu un impact certain dans la vie quotidienne des populations, sur l’ensemble des activités locales et sur la santé des plus faibles, notamment des enfants.
Heureusement, la campagne 2005 a été bonne et redonne espoir aux paysans pour poursuivre leurs activités vivrières et leurs activités rémunératrices d’appoints.

 
BURKINA FASO - SECTEUR ENSEIGNEMENT

I) DEPARTEMENT DE NANORO
A) Enseignement Primaire
1) Continuité du programme de soutien aux écoles

Sur la base d’une convention formelle signée en mars 2005 avec la Direction Provinciale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation, RES PUBLICA a continué ses interventions au sein des 11 écoles déjà soutenues en 2004 dans la Circonscription d’Education de Base (CEB) de Nanoro.
A ces établissements, soutenus régulièrement, se sont ajoutées 4 nouvelles écoles à la rentrée 2005/2006 : Goullouré, Soum, Basziri et Nazoanga B, aussi appelé Zanton.

Le tableau suivant fait un état des écoles suivies en 2005 et des effectifs soutenus dans la CEB de Nanoro.

Tableau des écoles - CEB de Nanoro - Rentrée 2005/2006

ECOLES
CP1
CP2
CE1
CE2
CM1
CM2
TOTAL
VENTILATION
FILLES
GARCONS
BASZIRI
56
 
58
 
25
19
158
58
100
BOULPON
75
70
 
50
 
46
241
110
131
DACISSE
 
79
 
52
 
25
156
63
93
GODO
64
 
53
 
33
14
164
92
72
GOULOURE
 
73
 
55
 
47
175
56
119
KOKOLO
 
71
 
50
 
13
134
61
73
NANORO C
54
50
37
42
24
53
260
117
143
NAZOANGA A
49
72
97
93
70
62
443
223
220
NAZOANGA B
60
 
 
 
 
 
60
33
27
SEGUEDIN
88
76
85
 
62
 
311
154
157
SITAON
56
 
49
 
48
 
153
74
79
SOALA
87
 
85
 
42
 
214
87
127
SOUM
65
59
 
50
 
44
218
88
130
ZIMIDIN
 
62
 
44
 
19
125
55
70
TOTAL
654
612
464
436
304
342
2812
1271
1541
 
 
 
 
 
 
 
 
45%
55%

Pour l’année scolaire 2004/2005, la CEB de NANORO a affiché un faible taux de réussite global au Certificat d’Etude Primaire (43% contre 70% l’année précédente).
Ce mauvais résultat souligne les faiblesses de certaines classes qui, pour diverses raisons, n’ont pas acquis les savoirs de base permettant de valider le diplôme du CEP et d’accéder au cycle d’étude secondaire.
Heureusement, ces cas devraient à l’avenir être de mieux en mieux suivies par les équipes enseignantes par la mise en place de cours de rattrapage pour les élèves de faible niveau.
Pour l’année scolaire 2005/2006, la CEB de NANORO/PELLA a donné naissance à deux CEB : celle de NANORO et celle de PELLA. Dans cette dernière CEB, nous soutenons 2 nouvelles écoles : Babouli et Sarana.

Tableau des écoles - CEB de Pella - Rentrée 2005/2006
ECOLES
CP1
CP2
CE1
CE2
CM1
CM2
TOTAL
VENTILATION
FILLES
GARCONS
BABOULI
 
109
 
 
 
 
109
39
70
KIRKELOUNGA
93
 
58
 
15
10
176
87
89
SARANA
30
38
66
 
 
 
134
69
65
TOTAL
123
147
124
0
15
10
419
195
224
 
 
 
 
 
 
 
 
47%
53%

Sur l’ensemble des écoles, les activités d’appui de base ont été assurées par RES PUBLICA :

- Dotation de fournitures scolaires à tous les élèves,
- Incitation à la scolarisation des filles par le paiement des frais de scolarité,
- Appui au fonctionnement de la cantine endogène (matériel de cuisine), qui cette année a été élargit à une dotation importante en vivres (13,6 tonnes de riz, 1000 litres d’huile et 200 kg de haricot) afin de permettre d’assurer la période de soudure,
- Appui au soutien scolaire par l’organisation et le paiement d’heures supplémentaires aux enseignants dans le but de rattraper le retard pris par certaines classes,
- Appui à la création de jardins scolaires dans les écoles où l’eau est disponible,
- Appui aux activités sportives et culturelles,
- Appui de la formation continue des enseignants.

A cela s’ajoute la prise en charge des constructions et réfections de bâtiments (salles de classe, logements d’instituteurs, postes de latrines, etc.).
   
Récapitulatif des travaux immobiliers mis en œuvres en 2005
    
CEB
Ecoles
Constructions
Réfections
 NANORO
Boulpon
 
1 salle de classe
Godo
 
2 logements
Kokolo
1 logement
 
Nanoro C
3 salles de classe et 1 appatam
 
Nazoanga A
6 cuisines d'instituteurs
1 logement d’enseignant
Nazoanga B
1 salle de classe, son bureau et son magasin, 1 logement
 
Sitaon
 
Diverses petites réfections
Séguédin
 
Diverses petites réfections
Zimidin
 
Diverses petites réfections
 PELLA
Kirguelounga
 
Diverses petites réfections
Babouli
1 logement
 

Un inventaire des matériels en état dans les écoles a été réalisé en juin 2005.
Ainsi, RES PUBLICA a apporté différents matériels dans les écoles où le déficit était établi : fournitures scolaires à toutes les écoles soutenues, manuels et mobiliers scolaires suivant les besoins.
Les achats de manuels scolaires ont été directement réalisés auprès des services de l’Etat afin de ne pas tomber dans des filières de trafics de livres et d’éviter les cumuls des intermédiaires en négoce qui spéculent sur ces matériels, difficiles à trouver sur place.

De plus, chaque école à reçu une trousse à pharmacie de première urgence et une formation dispensée par André KABORE quant à son utilisation et à la gestion du renouvellement des matériels utilisés.
De même, chaque école a été équipée de pendules et d’un ballon de football, pour les activités sportives.
D’autre part, une dotation a été apportée au fonctionnement de l’inspection de Nanoro et de la  DPEBA (Direction Provinciale de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation) du Boulkiemdé pour leurs déplacements, leurs frais de gestion et de suivi des écoles.

Enfin, RES PUBLICA s’est investie dans la formation continue des enseignants afin de faciliter la mise à jour et le partage de connaissance. Ainsi, en novembre 2005, RES PUBLICA a appuyé l’Inspection pour organiser un stage de recyclage sur 3 journées.
Ce séminaire de formation a connu un franc succès auprès des enseignants.

2) Suivi des écoles et conditions du maintien des partenariats
Un accompagnement et un suivi régulier du fonctionnement des écoles dans leur environnement a été effectué lors de nos passages réguliers avec l’inspecteur de la CEB de Nanoro, les directeurs et enseignants et les représentants des Associations de Parents d’Elèves (APE) et Associations de Mères Educatrices (AME).

Ce suivi minutieux réalisé par l’association reste indissociable de l’appui pour sensibiliser chacune des parties à ses obligations et aux méthodologies de transparence exigées par nos actions.
Ainsi, plusieurs règles de fonctionnement ont été définies, véritable cadre de notre action dans les écoles.
- Les familles s’engagent à régler les scolarités des garçons et RES PUBLICA s’acquitte des scolarités des filles au prorata du nombre de cotisations de garçons acquittées. L’ensemble des cotisations des élèves doit être payé avant le mois de décembre afin de dégager les liquidités nécessaires aux frais de fonctionnement des écoles.
- Chaque Association de Parents d’Elèves (APE) doit avoir ouvert un compte auprès de la Caisse Populaire locale et tenir à jour de façon précise et régulière, un cahier de gestion afin de noter les ressources (paiement des scolarités des élèves) et les dépenses.
Ces comptes sont étudiés chaque année lors de réunions publiques dans une optique d’apprentissage d’une gestion  transparente des fonds communautaires.
- Les représentants des APE et AME doivent être élus de façon démocratique par l’ensemble des parents d’élèves pour une période de 2 ans. Ils doivent remplir leurs obligations dans l’intérêt premier des élèves et contribuer à la transmission des informations auprès de la population locale.  En cas de faute constatée, l’Inspection pourra exiger l’élection d’un nouveau bureau.

3) Résultats observés
Suite à trois années de soutien des écoles du département de Nanoro, plusieurs évolutions sont à noter.
Dans un premier temps, nous constatons une stabilisation de la parité fille/garçon dans les effectifs des écoles qui atteint, dans pratiquement toutes les écoles, un taux de  45% des effectifs pour la part des filles (à comparer avec le taux de ??? % de filles dans les effectifs au niveau national).
De plus, une amélioration de la participation des APE et AME (qui ont suivi une formation en 2004) s’est fait sentir à tous les niveaux (gestion de la cantine, gestion communautaire pour l’entretien des forages, etc.) pour faciliter les conditions de vie et de travail des élèves et des enseignants. Peu à peu, ces groupements de parents d’élèves se structurent, maîtrisent leurs obligations et exécutent efficacement leurs activités.
Nous visons peu à peu à harmoniser les pratiques entre les écoles, notamment sur la gestion des cantines endogènes qui a une importance primordiale dans la vie de l’école et les conditions d’étude des élèves.
Ce travail de partenariat avec l’ensemble des partenaires locaux, bien que long et fastidieux, porte peu à peu porter ses fruits.

La CEB de Nanoro connaît traditionnellement un faible taux de stabilité des enseignants, notamment à cause de son enclavement et du manque de moyens mis à disposition des enseignants. On remarque dorénavant que l’amélioration des conditions de travail a permis de rétablir un certain équilibre. Ainsi, l’effectif des instituteurs se stabilise peu à peu et une grande majorité d’entre eux prennent leur poste en temps et en heure à la rentrée scolaire.

La fidélisation d’un effectif d’enseignants compétents et motivés est une des conditions essentielles pour pérenniser un niveau d’éducation de qualité.

Au total RES PUBLICA soutient, à la date du 31 décembre 2005 :
- Dans la CEB de Nanoro : 2812 élèves (1541 garçons et 1271 filles),
- Dans la CEB de Pella : 419 élèves (224 garçons et 195 filles).

RES PUBLICA aide donc à la scolarisation de plus de 67% des élèves scolarisés sur Nanoro, contre 60% en 2004.
 
La population scolarisable dans ces deux circonscriptions est d’environ 13 000 enfants.
Beaucoup reste donc à faire notamment sur Pella, CEB dans laquelle notre action sera déterminée par la qualité du partenariat avec l’inspection locale.

4) Détails des nouvelles écoles prises en charge pour l’année scolaire 2005/2006
A la rentrée 2005/2006, suite à une concertation avec le nouveau Chef de Circonscription de l’Education de Base (l’Inspecteur), RES PUBLICA a décidé d’intervenir dans de nouvelles écoles publiques du département de Nanoro.

Voici une présentation de ces nouvelles écoles à soutenir.

· Dans la CEB de NANORO
Ecole de NAZOANGA B – Quartier de Zanton
Zanton est un quartier éloigné du centre du village de Nazoanga, dont l’école compte 6 classes qui présentaient des effectifs importants (plus de 100 élèves par classe).
Après des discussions avec le Chef du village et l’Inspecteur de la CEB de Nanoro, nous avons pris la décision de compléter l’offre d’infrastructure éducative par la construction d’une école supplémentaire destinée à alléger les effectifs de l’école de Nazoanga.
Le planning de départ prévoyait la construction d’une salle de classe et d’un logement d’instituteur par an, pendant 3 ans.
A ce jour, la première tranche a été réceptionnée permettant à la première section de CP1 d’être ouverte dès octobre 2005 avec un effectif de 60 élèves (33 filles et 27 garçons).
Un magasin ainsi qu’un bureau pour le directeur ont, tous deux, été construits en même temps.
Pour ce faire, RES PUBLICA a fait le choix de travailler en régie avec un tâcheron ressortissant du village et résidant à Ouagadougou.
La construction a été gérée en régie avec une participation de la population pour fournir les agrégats.
Cependant, nous avons constaté plusieurs problèmes sur le chantier.
D’une part, la collaboration entre l’entreprise et la population a été une source de tensions. D’autre part, plusieurs irrégularités dans la mise en œuvre des matériaux ont été constatées (manque de ciments dans les préparations, etc.).
En conséquence, RES PUBLICA a décidé de confier le reste du chantier à M. Siméon TOE qui interviendra comme Maître d’œuvre et sélectionnera une nouvelle entreprise à qui sera confié la deuxième tranche du chantier (2 nouvelles classes, 2 logements, les latrines et la cantine). Son exécution aura lieu en 2006.

Ecole de BASZIRI
L’école de Basziri compte 158 élèves.
Au niveau des bâtiments, l’état des salles de classe est très moyen et 2 des 4 logements disponibles sont à réfectionner.
La cantine endogène fonctionne et est gérée de façon tournante par les mères d’élèves. Chaque famille a contribué à hauteur de deux plats de haricot par élèves. Ce principe sera gardé et appuyé pour être peu à peu amélioré.
L’école ne dispose pas de latrines et manque de mobiliers comme de manuels scolaires.
Pour cette première année, RES PUBLICA s’est attachée à soutenir la scolarisation des filles (seulement 36%  dans l’effectif) et à fournir les fournitures pour tous les élèves.

Ecole de GOULLOURE
Ouverte en 2000, l’école de Goullouré compte 3 classes pour seulement 2 logements d’instituteurs, dont un construit en banco par la population et déjà en mauvais état.
L’année scolaire 2004/2005 s’est déroulée avec un enseignant absent du fait du logement manquant. Ainsi, nous avons constaté une baisse des effectifs cette année, passant de 187 à 165 élèves.
Un manque de tables-bancs a pu être partiellement résolu par une redistribution de 15 tables-bancs en sur-plus dans l’école de Dascissé.
Ces pratiques de redistribution de stock entre les écoles devraient être optimisées grâce à une gestion commune avec l’Inspection de Nanoro.
L’appui régulier apporté par RES PUBLICA sur les fournitures, les manuels scolaires et le paiement des scolarités des filles, devrait, dans un premier temps, redonner confiance aux parents et relancer l’école vers un fonctionnement normal.

Ecole de SOUM
Autre nouvelle école, Soum dispose de 2 bâtiments de 3 classes (dont 1 à rénover) et de 4 logements.
L’établissement fonctionne depuis 1984 et accueille 4 classes pour un effectif de 218 élèves (88 filles et 130 garçons).
Un projet de construction d’un nouveau logement d’instituteur est en cours d’étude avec la ville de Bram, jumelée à Soum. Une collaboration entre RES PUBLICA et cette ville permettra, nous l’espérons, de dynamiser le développement de Soum qui aura certainement besoin d’une école complète dans les prochaines années, du fait de la construction du barrage et du dispensaire Soum-Jamot (projet mené par notre partenaire EMEJ).
L’intervention de RES PUBLICA a débuté normalement en cette première année sur la scolarité des filles, les fournitures et manuels scolaires.

· Dans la CEB de PELLA
Ecole de SARANA
Composée de 3 salles de classe, l’école de Sarana se situe près du village de Somassi, dans une zone très enclavée où les populations sont majoritairement musulmanes.
Ouverte en 2003, le bâtiment de l’école de Sarana a été construit par la population.
En décembre 2005, l’effectif a été arrêté à 134 élèves (69 filles et 65 garçons).
L’établissement fait partie du programme national des écoles satellites burkinabè, soutenu par un projet international de l’UNICEF. A ce titre, l’école dépend de l’Education de Base non formelle.
L’enseignement y est dispensé en mooré et en français dans les 3 premiers niveaux (CP, CP2 et CE1). Théoriquement, ce système doit introduire la lecture et l’écriture bilingue aux enfants pour ensuite les transférer dans une école primaire voisine afin qu’ils réintègrent le système classique.
Premier problème, l’école la plus proche, à Somassi, n’a pas coordonné ses niveaux pour intégrer les élèves de Sarana. Ainsi, en fin d’année scolaire 2005/2006, les CE1 sortant ne trouveront pas de classe de CE2 pour les accueillir et devront soit redoubler, soit attendre une année sans être scolarisés, pour continuer leur scolarité (s’ils la reprennent…).
Cette situation marque bien là un manque d’organisation et une intégration difficile de ce système dans le paysage burkinabè de l’enseignement de base.
D’autre part, l’école de Sarana manque cruellement de matériel. Les élèves écrivent accroupis sur des bancs en bois et les instituteurs ne disposent pas de logements sur le domaine scolaire. Seules les fournitures scolaires sont financées par l’UNICEF.
Cette situation pose question pour la continuité de ce programme d’école satellite et sur les modalités de notre intervention dans ce village.
Heureusement, la population du village est très active pour soutenir l’école dans son fonctionnement et montre une très forte motivation dans la scolarisation des enfants (majorité de filles dans les effectifs, appui au logement des enseignants, etc.).
Durant l’année scolaire 2004/2005, nous avons souhaité palier le plus urgent par une dotation de 50 tables-bancs. Mais les besoins dans cette école restent importants car le premier forage se situe à près de 2 km et les instituteurs ne sont toujours pas logés sur le domaine scolaire.
Notre collaboration sur le long terme devra éclaircir le devenir de cette école dans ce programme d’école satellite avant de poursuivre notre soutien. Néanmoins, RES PUBLICA a décidé de soutenir les populations pour résoudre le problème du logement des instituteurs et de faire un forage en 2006.

Ecole de BABOULI
L’école de Babouli se compose d’un bâtiment de 3 salles de classe.
Seule une classe fonctionne depuis l’an passé. Elle accueille cette année un CP2 avec un effectif important (109 élèves, composé de 39 filles et 70 garçons).
La première année scolaire s’est faite sans aucun matériel (ni fourniture, ni mobilier).
Il faut là aussi saluer la motivation des parents qui ont construit un logement en banco pour le logement temporaire de l’instituteur.
Pour la première année d’appui, nous avons aidé à la finition du logement de l’instituteur (achat des fenêtres, portes, etc.) et avons fourni une dotation en livres et fournitures scolaires conformément à ce que nous faisons dans les autres écoles.
Un forage sera là aussi à prévoir en 2006.
En 2006, RES PUBLICA prévoit la construction d’un forage et d’un logement d’enseignant avec la participation des villageois.

5) Construction de la deuxième tranche de l’école RES PUBLICA à Nanoro
Comme prévu, les travaux de construction de la deuxième tranche de l’école Nanoro C ont été exécutés.
La qualité des matériaux et des techniques utilisées ont apporté la preuve de leur efficacité dans les 3 premières salles de classe (construction en brique BTC pour garder une certaine fraîcheur dans les bâtiments et installation de charpente métallique surélevée qui ventile le toit pour palier les fortes chaleurs). Nous avons donc continué la construction sur le même modèle.
Ainsi, 3 classes et 3 logements d’enseignants supplémentaires ont vu le jour pour la rentrée 2005/2006 et ont été mis à disposition de la CEB de NANORO.
L’école Nanoro C entièrement équipée en mobiliers et manuels scolaires a, dès octobre 2005, accueilli 260 élèves (143 garçons et 117 filles) pour une première année scolaire à 6 niveaux.
De plus, un appatam (ou préau) a été construit en bordure des foyers de cuisine. Les enfants pourront dorénavant s’abriter à l’ombre lors de la pause déjeuner.
Plusieurs projets sont en cours de réalisation afin de constituer une bibliothèque au sein de l’établissement et de créer un espace terrain de football. Les abords de l’école ont été arborés.
L’école de Nanoro C fait dorénavant figure d’école pilote pour notre association.
Un représentant de l’Ambassade de France, responsable du suivi des actions des ONG françaises sur place s’est déplacé pour visiter nos écoles et a félicité l’association pour la qualité de ses réalisations.
B) Enseignement Secondaire
1) Lycée Professionnel Agricole
A la rentrée 2005/2006, RES PUBLICA soutient la formation de 25 jeunes.
En juin 2005, 3 élèves (en spécialité agronomie) avaient obtenu leurs diplômes. Après leur stage, nous les avons appuyés pour démarrer une activité dans les jardins de maraîchage de Nazoanga.
Cultivée en choux et maïs, leur parcelle a très bien donné. Ces jeunes paraissent très motivés pour partager leurs connaissances avec les villageois et tester de nouvelles pratiques.
Notre gestionnaire de projets travaille avec eux pour tester un insecticide naturel à base de l’arbre de Nem, très présent dans la zone de Nanoro.

2) Collège de Nanoro
Cette année, 12 élèves en provenance des écoles soutenues par RES PUBLICA ont été admis en 6ème (contre 20 l’an passé). Cette baisse du nombre d’accédant en 6ème est à mettre en correspondance avec les piètres résultats obtenus cette année au CEP en section primaire.
Au total, 80 élèves répartis de la 6ème à la 3ème, sont soutenus par l’association.
Une grande partie de ces jeunes (au nombre de 41) est issue de villages très éloignés du collège. Ils sont nourris à midi et logés pendant la semaine dans trois maisons louées par RES PUBLICA. Un surveillant est  présent le soir. Les parents quant à eux, participent à la nourriture du soir. Ce système est maintenant rodé et fonctionne bien.

3) Construction de 4 salles de classe au Collège de Nanoro
La première tranche de travaux constituée de 2 salles de classe a été achevée en 2005.
Ces 2 salles de classe permettront l’ouverture d’une seconde 3ème et d’une troisième 6ème.
Un projet de construction de lycée est à l’étude avec notre association (terrain appartenant à RES PUBLICA et construction à la disposition du Ministère de l’Enseignement Secondaire).


II) VILLE DE KOUDOUGOU

Cette ville située à 80 km de Nanoro offre de nombreux établissements scolaires (primaires et secondaires). Ainsi, les élèves ayant réussis le BEPC et désirant continuer leurs études jusqu’au bac sont scolarisés pour la plupart dans cette ville.
A)  Enseignement Primaire
Quelques cas sociaux (orphelins, parents porteurs du HIV, absents…) sont pris en charge par RES PUBLICA dans les écoles publiques et privées de Koudougou.
B) ENSEIGNEMENT SECONDAIRE
1) Collège d’enseignement technique privé de KOUDOUGOU
Les quatre élèves soutenus sont tous passés dans la classe supérieure en octobre 2005.
L’une d’entre eux va présenter son CAP de menuiserie en 2006. Les autres sont actuellement en 4ème .
 
2) Autres établissements
33 élèves sont scolarisés dans des collèges et lycées publics ou privés de KOUDOUGOU.
15 sont dans le public et 18 dans le privé.
RES PUBLICA continue d’apporter une aide pour le logement et la nourriture, aux jeunes du département de Nanoro et pour quelques enfants aux conditions de vie particulièrement difficiles.

Nous devenons plus exigeants sur les conditions d’admission pour être soutenu par RES PUBLICA :
- Obligation de réussite à l’entrée en 6ème,
- Priorité aux jeunes du département de Nanoro,
- Examen des conditions sociales des parents,
- Aucun redoublements admis.
C) Enseignement Supérieur : Ecole Nationale de Santé Publique (ENSP)
L’élève entrée l’an passée à l’ENSP est passée en deuxième année.
Deux jeunes ont intégrée cette école en 2005 pour devenir infirmier, l’un vient de Nanoro et l’autre de Gaoua.


III) VILLE DE OUAGADOUGOU
A) Enseignement Secondaire
1) Collège d’enseignement technique Gabriel TABORIN à SAABA
Ce collège privé, à la fois d’enseignement général et d’enseignement technique, offre de nombreuses formations (mécanique auto, électronique, dessin en bâtiments…).
En 2004, 4 élèves issus des écoles soutenues par RES PUBLICA avaient intégré la classe de 6ème « Mécanique auto » pour acquérir un CAP puis un BEP. Ils ont réussi leur année avec succès pour rentrer en 5ème.
Deux nouveaux élèves ont intégré la classe de 6ème.

2) Centre de formation commerciale privé du KADIOGO
Sur les deux élèves inscrits dans ce centre de formation pour acquérir un BEP de comptabilité, seul un est passé en deuxième année. Le second n’est donc plus pris en charge par RES PUBLICA.

3) Etablissement d’enseignement général
Cinq élèves profitant de la « grande » famille installée à Ouagadougou sont inscrits dans des collèges ou lycées dans la capitale.

4) Collège de jeunes filles de Loumbila
Deux élèves ont été inscrites au Collège de Loumbila en 6ème et 3ème .
B) Enseignement Supérieur
1) Anciens élèves
- L’élève inscrit à l’Institut Supérieur Privé Polytechnique section « Commerce International » a eu son diplôme et présente un mémoire en 2006.
- A l’Université de Ouagadougou, tous nos élèves ont réussi leur année (soit 4 jeunes, respectivement en droit, anglais, math / physique et médecine).
- Les deux infirmières ont eu leur diplôme en juin 2005. Elles sont actuellement employées dans le privé en attendant le test de recrutement du secteur public.
- Sorti major de sa promotion de licence à l’Ecole Inter Etats des Cadres Supérieurs Profession de la Santé et du Social de Ouagadougou, ce jeune continue en Master pour une année supplémentaire.
- Enfin, un jeune continue en deuxième année à l’Institut Supérieur de Génie Electrique du Burkina Faso
- L’élève inscrit à l’Ecole Burkinabé du Bâtiment et des travaux publics a eu son BEP et se tourne maintenant sur le marché du travail.
- L’élève qui est à l’Ecole Nationale de Santé Animale est sorti en juin avec un diplôme d’agent technique d’élevage. Il projette de travailler pour une ONG.
- Le jeune à l’Ecole de formation et de perfectionnement en transit et déclaration en douane a réussi son diplôme.

2) Nouveaux élèves 2005/2006
A la rentrée 2004/2005, 8 élèves ont rejoint la ville de OUAGA pour continuer une formation supérieure.
- Deux jeunes de Nazoanga (département de Nanoro) ont terminé l’Ecole nationale d’Enseignement du Primaire à Loumbila. Ils ont tous les deux été affectés dans une école de brousse en attendant leur titularisation.
- Un bachelier sortant a intégré l’Ecole Burkinabè du Bâtiment et des Travaux Publics de Ouagadougou pour passer un BTS.
- Un jeune a intégré la première année de l’Institut Supérieur de Génie Electrique du Burkina Faso.
- Enfin, quatre jeunes sont soutenus à l’Université de Ouagadougou dont deux filles, dont une en langues, l’autre en Sciences et Vie de la Terre.


IV) REGION DE BOBO DIOULASSO
Mamadou OUATTARA, notre correspondant de KOUDOUGOU, continue le suivi de nos actions dans la région de BOBO DIOLASSO.
A) Enseignement Secondaire
Cette année, 5 jeunes sont scolarisés de la 6ème à la terminale dans la ville de Bobo dont 4 nouveaux élèves.
B) Enseignement Supérieur
1) Ecole Nationale des Eaux et Forêts
En 2004, trois jeunes suivis par RES PUBLICA avaient réussi le test d’entrée à l’Ecole Nationale des Eaux et Forêts de Dendérosso. Admis pour une formation de deux ans, l’un d’entre eux était rentré avec un niveau de première et les deux autres avec un niveau de troisième.
Or, les deux derniers n’ont pas réussi leur année et doivent redoubler.
Conformément à nos principes, le soutien que nous leur apportons sera donc stoppé.

2) Centre Agricole Polyvalent de MATOURKOU
Les trois élèves inscrits en 2004/2005 (une fille et deux garçons) ont réussi leur année et sont passés en deuxième année de diplôme de techniciens en agriculture.
Quatre nouveaux étudiants ont été inscrits cette année.
Agrémentée de nombreux stages répartis sur les deux années de formation, les sortants auront vocation à travailler pour des projets de développement agricole dans un objectif d’autosuffisance alimentaire.
 
3) Construction de l’école primaire à FARAKOROSSO
La deuxième tranche de travaux (construction d’une nouvelle salle de classe et d’un logement) a été réalisée et financée par RES PUBLICA fin 2005 grâce au suivi de l’association Amitiés France Burkina-Faso.

4) Appui à l’école primaire de BEREGADOUGOU
En juin 2005, l’Association S.O.S Orphelins en milieu scolaire de Bérégadou nous a contactés pour les appuyer dans leur actions.
L’école de Bérégadou se trouve en zone de culture de canne à sucre. Or, la majorité des parents travaillent à la SOSUCO (Société Sucrière de la COMOE). Les conditions de travail sont telles qu’un grand nombre d’employés (hommes et femmes) se font mordre par des serpents venimeux et succombent… d’où le nombre élevé d’orphelins !
RES PUBLICA a décidé d’apporter les fournitures scolaires à 94 élèves orphelins.


V) REGION DE LEO (SISSILI)
A) Enseignement Primaire
L’école de LAPONE compte maintenant 144 élèves sur 4 classes dont un double niveau.
A la rentrée 2004/2005, un nouveau logement d’enseignant a été ouvert. Inachevé depuis deux ans, il a enfin été terminé par l’Etat.
Une quatrième classe a pu être ouverte à la rentrée 2005/2006 grâce à notre appui pour l’achèvement d’un logement, commencé depuis quelques années mais jamais terminé.
Malgré ce soutien important de RES PUBLICA (qui porte aussi sur l’apport de fournitures scolaires et la prise en charge des frais de scolarité des filles), les parents d’élèves restent peu mobilisés. Aucun compte de gestion des fonds de l’école n’a été ouvert et les cotisations des garçons sont toujours payées avec difficultés.
Dans ces conditions, l’année scolaire 2005/2006 sera décisive quant à la poursuite de notre appui dans cette école.


VI) DEPARTEMENT DE FARA

            A) Enseignement Primaire à Laro

Au départ très réfractaire à la nécessité d’appuyer la scolarisation des filles, les autorités coutumières de ce village semblent peu à peu évoluer dans le bon sens.
L’école compte cette année 142 élèves au total (contre 116 élèves l’an passé) et a vu la part des filles dans l’effectif passer de 30 à 40%.
Les résultats au CEP restent très satisfaisants avec 16 élèves lauréats sur 19 présentés, dont 11 ont réussi l’entrée en 6ème.

B) Enseignement Secondaire au Collège de Fara
RES PUBLICA soutient cette année la scolarité de 21 élèves, tous originaires de l’école de LARO, répartis entre la 6ème et la 3ème, la plupart étant des filles et le reste quelques garçons très défavorisés.


VII) DEPARTEMENT DE KASSOUM
A) Ecole primaire de Bonro
En 2002, RES PUBLICA a construit un bâtiment de 3 salles de classes, avec un bureau et un magasin.
Un premier logement a été monté en 2004, puis deux autres en 2005.
L’école peut maintenant fonctionner normalement avec 3 niveaux.
Cette année, RES PUBLICA s’est limitée au soutien normal (fournitures, manuels scolaires et paiement des scolarités des filles).


VIII) DEPARTEMENT DE GARANGO

Situé dans la province du Boulgou, à environ 200 km au Centre-Est de Ouagadougou, Garango affiche une taille importante (environ 30 000 habitants), avec 10 écoles primaires (dont 6 restent à normaliser), un collège communal et un lycée départemental.
Les infrastructures à disposition sont intéressantes mais ne bénéficient pas des matériels et des fonds nécessaires à leur fonctionnement.
La coopération décentralisée avec la ville de Laval (France) et de Ladenburg (Allemagne) a joué un rôle d’appui structurel important dans le développement de la commune.
A) Ecole primaire de Bougoula Ladenburg
Ouverte en 1991, cette école dispose de 6 salles de classe mais n’a pour l’instant ouvert que 4 niveaux pour un effectif de 397 élèves.
Les mobiliers scolaires font défaut (tables-bancs, armoires, bureaux et chaises).
Une demande nous a été faite sur ce point.
Nous avons statué pour une dotation de 75 tables-bancs, 6 bureaux de maîtres et 6 chaises. Cette école a bénéficié également de matériel spécifique tel que le matériel de mathématique pour les maîtres et de ballons de football.
Il faut noter qu’à notre visite en juin 2005, la classe de CP1 n’avait pas de livres de lecture. RES PUBLICA a fait un don de 74 livres de lecture à cette école.
B) Collège Communal  de Garango
La visite du collège nous a permis de nous rendre compte du potentiel existant et du réel manque de moyens pour permettre une activité normale de l’établissement.
Logé dans 2 bâtiments de 4 classes chacun auxquels s’ajoute un bâtiment administratif, ce collège ne fait fonctionner que 2 niveaux (6ème et 5ème) pour un effectif global de 127 élèves.
Des besoins sont constatés sur tous les plans : manque de professeurs pour l’ouverture prévue de nouvelles classes, manques de mobiliers scolaires et de matériels administratifs (ordinateurs, etc.). L’installation électrique s’est arrêtée au bâtiment administratif par manque de budget. Pour cette année, RES PUBLICA a soutenu l’achat de 60 tables-bancs, 6 bureaux de maîtres et 6 chaises.


IX) DEPARTEMENT DE KOMKI-IPALA

L’ABREOD (Association Burkinabè pour la Réinsertion des Enfants Orphelins et Déshérités) nous a contactés par l’intermédiaire d’un de ses membres, instituteur à l’école de Nanoro C.
Ils viennent en aide aux enfants orphelins et déshérités du département et nous ont proposés de prendre en charge les fournitures scolaires, ce que nous avons accepté après nous être rendu sur place (130 orphelins bénéficient de ce matériel).


BURKINA FASO - SECTEUR AGRICOLE ET  ECONOMIQUE

I) DEPARTEMENT DE NANORO
A) Jardins de Nazoanga
La digue construite en 2002 par RES PUBLICA joue bien son rôle de retenue d’eau ainsi que le boulis (réserve d’eau en aval de la digue).
Cependant, nous avons observé deux faits majeurs cette année :  
- le tarissement précoce  de la retenue d’eau
- ainsi qu’une forte infiltration de l’eau au dessous du déversoir.
Il est donc urgent d’envisager une réfection du barrage faute de quoi les activités économiques qui se mènent tout au tour seraient menacées.
Ce barrage est d’une importance capitale dans le cadre de la lutte contre la pauvreté dans ce village. L’ouvrage est donc à sauver. Une étude sera menée en ce sens dès début 2006.
B) Jardins de Poëssi
La parcelle des femmes a été clôturée pour une surface cultivable d’1 hectare, comme convenu l’année précédente.
Celles-ci sont toujours motivées et très soigneuses dans leur travail.
Le remboursement de leur prêt s’effectue normalement.
C) Jardins de Basziri
Les jardiniers ont, comme convenu l’année précédente, préparé le terrain pour poser la clôture (défrichage, désherbage et découpage en parcelle).
Une surface d’1 hectare a donc été clôturée.
D) Micro- Crédits
L’activité micro-crédit se révèle difficile à gérer pour plusieurs raisons.
En 2004, même si plus de la moitié des crédits avaient été remboursés, plusieurs investissements s’étaient révélés être de mauvais choix, soit au niveau de la viabilité même du projet, soit sur le porteur de projet et ses motivations réelles.
Nous avions donc attribué ses erreurs à un manque d’expérience ou à une mauvaise étude des dossiers lors de la sélection.
Il s’avère toutefois que dans tout projet, il y a une part d’incertitude plus ou moins importante, quelles que soient les garanties demandées et la connaissance des mœurs et coutumes du pays.
2005 a donc été une année de recadrage des critères d’attribution et d’épuration des micro-crédits défaillants.

Ainsi, après avoir analysé au cas par cas les dossiers difficiles et tenter, sans résultats, plusieurs échelonnements, RES PUBLICA a été dans l’obligation, pour certains cas particuliers, de recourir à des « procédures judiciaires » de recouvrement des créances, c’est à dire une convocation devant le Commissaire de Police de Nanoro.
Cette procédure n’a été engagée qu’à l’encontre des débiteurs que nous estimions de mauvaise foi.
Cette prise de position n’a évidemment enchanté personne mais était indispensable à la continuité de l’activité de micro-crédit afin de ne pas perdre toute crédibilité sur la zone.


BURKINA FASO - SECTEUR  SANTE

I) SECTEUR DE NANORO

Les activités du secteur santé menées par RES PUBLICA en 2005 sont généralement menées en partenariat avec l’association EMEJ (Entraide Médicale Eugène Jamot), dirigée par le Docteur Fournel.
RES PUBLICA appuie financièrement une partie des actions programmées par EMEJ.
Le partenariat entre les deux associations s’est cette année encore consolidé et a défini un nouveau défi commun : la construction du CSPS de Soum, projet d’ampleur qui sera mené sur 2006-2007.
             
            A) Projet de construction d’un CSPS à Soum

Situé à 17 km de Nanoro, le village de Soum est le lieu de construction d’un barrage hydro-agricole affichant des capacités de retenues d’eau de 103 millions de m3 et un nombre de parcelles cultivables estimées à près de 10 000.
Cet important  projet engendrera un fort développement économique qui ne va pas sans une forte affluence de population et donc de maladies et d’infections diverses (paludisme, malnutrition...).
Soum ne dispose à ce jour d’aucune structure sanitaire propre et dépend complètement des installations de Nanoro, difficilement accessibles en période de pluie.
Le projet de construction d’un CSPS complet (dispensaire, maternité, dépôt de produits pharmaceutiques et ses trois logements destinés aux agents de santé ainsi que ses blocs sanitaires) trouve donc tout son sens à un développement serein de ce village.

EMEJ a réalisé plusieurs rencontres afin de cadrer ce projet avec la population du village et les autorités coutumières locales, dans un premier temps, puis, avec le Préfet de Nanoro et le Directeur Régional de la Santé du Centre-Ouest à Koudougou, représentants des autorités administratives et sanitaires.
L’accueil de la population a été très positif.
Des plans du projet immobilier ont donc été établis et un terrain a été choisi.
Les constructions seront réalisées en pierre taillée, solution technique qui offre des garanties de solidité et d’isolation thermique.
La partie électrification solaire du bâtiment sera réalisée par l’association Electriciens Sans Frontières. Les agents délégués sur place pour réaliser cette installation, chercheront dans la mesure du possible à transférer leurs compétences sur place en formant une ou plusieurs personnes ressources, capables d’effectuer une maintenance des installations.
Après plusieurs tentatives négatives, un forage a été réalisé et attend à ce jour le démarrage des travaux.
Cependant, des problèmes d’ordre administratif ont perturbé le déroulement normal de ce projet. Après plusieurs rencontres, ces blocages devraient être levés pour permettre le démarrage des travaux en 2006. RES PUBLICA suit de très près la résolution des différents problèmes sur ce dossier. Elle attend de disposer de toutes les autorisations officielles avant de débloquer sa contribution.
RES PUBLICA financera la partie immobilière, Electriciens Sans Frontières la partie électrification et EMEJ la partie équipements.
B) Agrandissement du Dispensaire Urbain de Nanoro
Une extension du dispensaire a été réalisée au printemps 2005 (bâtiment de 80 m2) afin de séparer une partie réservée à l’hospitalisation des malades et l’autre, réservée aux suites de couches.
C) Construction d’une case de maternité à Nazoanga-Koumsoumdin
Koumsoumdin est un quartier de Nazoanga très éloigné de la maternité.
En période d’hivernage, il est impossible de rejoindre le dispensaire.
A la demande de la population, RES PUBLICA a décidé d’ouvrir une case-maternité qui sera équipée dès 2006. Actuellement, les trois matrones suivent un complément de formation en matière d’hygiène et de soins à donner lors des accouchements.


II) AIDES MEDICALES DIVERSES ET PONCTUELLES

RES PUBLICA est intervenue dans plusieurs cas critiques pour lesquels la solidarité familiale avait montré ses limites.
Ces interventions ponctuelles concernent des cas isolés mais hélas nombreux qui ne sont jamais traités si nous ne les soutenons pas : traitements HIV, complications de suites de couche , fausses couches, fibromes, malformations congénitales, fractures d’un enfant qui s’était cassé les deux bras en tombant d’un arbre…
RES PUBLICA achète également des médicaments pour des personnes nécessiteuses.


III) RECHERCHE MEDICALE : Appui d’un programme international de lutte contre le paludisme

Le projet DNDI a été porté à notre connaissance par le Docteur PECOUL, anciennement chez Médecins Sans Frontières.
Drugs For Neglected Diseases Initiatives (DNDI) est une ONG suisse ayant pour mission le développement de nouveaux traitements contre les maladies négligées.
Le projet qui a retenu notre attention porte sur une étude clinique permettant le développement et la commercialisation d’un nouveau traitement contre le paludisme à moins d’un dollar US, dans les pays en voie de développement et notamment en Afrique.
Cette étude a pour objectif de tester à grande échelle l’association de deux molécules, l’Artesunate et l’Amiodaquine, déjà utilisées ensemble mais pas encore associées dans un traitement thérapeutique unique, à dose fixe.
Une partie importante de cette étude clinique est réalisée au Burkina Faso avec le Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme, vecteur important de transfert de compétences et de savoirs.
Sollicité sur le financement de la partie essai clinique effectué au Burkina, DNDI n’a pas été en mesure de nous assurer les garanties habituelles de suivi et de vérification de l’utilisation des fonds alloués dans le cadre des procédures RES PUBLICA.
L’association a donc choisi de soutenir uniquement ce projet sur des points de financement de matériels médicaux et informatiques qui resteront la propriété du CNRFP en fin de programme.


SENEGAL

Le lycée JALJEG de Fimela qui récupère des enfants ayant quitté le cursus scolaire normal, continue à fonctionner de façon satisfaisante.
181 élèves dont 115 filles ont suivi les cours pendant l’année scolaire 2004/2005.
En juin 2005, 102 élèves ont eu leur passage dans la classe supérieure.
Une élève de troisième a pu être orientée en seconde scientifique vu ses bons résultats.
RES PUBLICA n’a pu effectuer de voyage sur place en 2005, mais projette un déplacement début 2006.


BELARUS

Svieta et Dacha sont revenues en France durant l’été 2005 et pendant la période des vacances de Noël.
Toutes deux sont passées en 2ème année.
Dacha apprend la couture et Svieta le secrétariat.
Elles sont logées dans des locaux mis à leur disposition par l’Etat et perçoivent une bourse de soutien de la part de RES PUBLICA.


LIBAN

Débutée en 2004,  la prise en charge de la scolarité du jeune Guy BOUSTANY, âgé de 16 ans, orphelin de père, et dont la mère qui a quatre enfants, est démunie, continue.
Celui-ci est actuellement en classe de 3ème et fait un parcours satisfaisant.


FRANCE

I) APPUI A LA FORMATION EN FRANCE

En 2005, RES PUBLICA a permis à trois nouveaux étudiants d’effectuer leurs spécialisations en France :

- Le Docteur Paté SANKARA est arrivé en novembre 2005 pour valider sa spécialisation en Ophtalmologie (suivie durant les trois premières années à Abidjan – Côte d’Ivoire) par un stage pratique de 6 mois auprès du Professeur Grange de l’hôpital de la Croix-Rousse.
Le Docteur SANKARA nous sera certainement très précieux dans la réalisation d’un projet en réflexion pour la création d’un centre de lutte contre la cécité au Burkina Faso.

- Mademoiselle Aïda NIANG effectue un Master (en deux ans) en Monnaie et Finances à l’Université de Nanterre avant de retourner au Sénégal pour travailler dans le secteur bancaire.

- Arrivé en France en septembre 2003 après les évènements survenus en Côte d’Ivoire,  Urbain N’dri KOUAKOU est agriculteur / éleveur. Il a dû quitter précipitamment son exploitation située en zone rebelle et est venu en France par l’intermédiaire d’un ancien coopérant et de son réseau d’amis agriculteurs des Monts du Lyonnais.
Monsieur KOUAKOU a monté un dossier pour effectuer une formation sur mesure en agriculture intégrée et diversifiée, directement dispensée sur des exploitations des Monts du Lyonnais lui permettant de retourner au pays avec de nouvelles compétences et avec un projet pour remonter une exploitation viable.
Son départ est prévu pour le 15 avril 2006. Nous avons soutenu Urbain pour le montage de son dossier auprès de la Préfecture du Rhône et avons pris en charge ses frais de logement ainsi que son billet de retour.

Quant aux anciens, voici de leurs nouvelles :

- Le docteur Aboubakar COULIBALY termine sa spécialisation en gynécologie-obstétrique à Cotonou (Bénin). Son retour au Burkina sera effectif dès juin 2006 pour une affectation à déterminer.

- Théophile SEBGO continue brillamment sa deuxième et dernière année de MASTER de Pharmaco-technie et Biopharmacie à Paris. Il terminera sa formation en juin 2006 après avoir validé ses acquis par un stage de six mois auprès des laboratoires NOVARTIS PHARMA à Orléans. Dans le cadre de ce stage, Théophile est rémunéré. Il assurera seul ses dépenses de février à juin 2006.

II)  EXPEDITION DE MATERIELS AU BURKINA FASO

Dans le cadre de la coopération décentralisée de la ville de Lyon avec Ouagadougou, RES PUBLICA a bénéficié d’un espace d’environ 6 m3 dans un container.
Divers matériels médicaux, vêtements et jouets sont donc arrivés à bon port dans un délai quelque peu rallongé, puisque ce container a mis près de six mois pour arriver sur place, le transitaire ayant cessé son activité de façon peu régulière.
Suite à ce problème, le Grand Lyon externalisera à partir de 2006, les aspects stockage, groupage et gestion des envois par l’intermédiaire de l’association BIOPORT, spécialisée en logistique humanitaire.
Nous sommes d’ores et déjà en contact avec eux pour cadrer les prochains envois.

III) PARTENARIAT AVEC L’A.S. SAINT-ETIENNE

Dans le cadre de la Convention qui lie le Club de football de l’A.S. St Etienne et RES PUBLICA, plusieurs  actions ont été réalisées auprès d’acteurs sociaux et associatifs du département de la Loire :

- L’association AUTISME ET NATURE mène des actions en faveur de jeunes autistes dans la région de St Etienne. Cette association nous a sollicités dans le cadre de son projet d’ouverture d’un lieu de rencontre sur la commune de Chamboeuf.
Notre participation a été de participer au financement de travaux de rénovation du bâtiment (menuiserie et peinture) et l’achat de matériels sportifs (dont un trampoline) destiné aux enfants.

- Le Service d’Aide à l’Acquisition de l’Autonomie et à l’Intégration Scolaire (SAAAIS) est géré par l’association départementale des Pupilles de l’Enseignement Public de la Loire. Soutenu par la Sécurité Sociale et l’Education Nationale, ce programme prône l’intégration de jeunes handicapés, déficients visuels, dans des écoles et collèges proches de leur domicile. Dans le cadre de leurs actions de soutien, le fond ASSE / RP les a soutenus pour l’achat de matériels scolaires et de jeux afin de favoriser les exercices de stimulation sensorielle et de motricité.

- Situé sur la colline de la Vivaraise près de St Etienne, l’Institut médico-pédagogique Chantalouette accueille une centaine d’enfants atteints de retards mentaux et de troubles associés. Engagés dans une démarche pédagogique et thérapeutique, l’établissement vise à faire évoluer les enfants  du point de vue de leur personnalité et de leur socialisation. Les pratiques sportives sont dans ce cas un formidable vecteur de progrès. C’est dans ce cadre que 15 VTT et matériel adéquat (casques et coupe-vents) ont été offerts au centre Chantalouette.

- La CIMADE Loire accueille et suit les demandes d’étrangers dans leurs démarches de régularisation. Surchargée par les demandes, cette structure emploie un juriste auquel nous avons financé l’acquisition d’un ordinateur portable.

- Pendant cette année, nous avons poursuivi notre soutien à l’association « Les Premiers pas de Marlon » pour le financement des frais de voyage de Marlon aux Etat-Unis.
Son programme de rééducation fonctionne et lui permet de lutter contre le syndrome de West, une maladie orpheline sans traitement réel. Cette action sera renouvelée durant les prochaines années.

IV) PARTICIPATION A LA SOCIETE FONCIERE HABITAT ET HUMANISME

Le 21 décembre 2005, la première pierre de la maison intergénérationnelle de Lyon a été posée rue Cavenne dans le 7° arrondissement de Lyon. Cette résidence abritera des étudiants, des personnes âgées et de jeunes mères isolées avec leurs nourrissons dans 38 chambres équipées (T1 et T1 Bis), dans un concept de mixité sociale et de rencontre.
La participation financière de RES PUBLICA à ce projet assoit son implantation dans le paysage urbain lyonnais.

V) AUTRES ACTIONS DE SOUTIEN

Un soutien financier a été apporté à l’association EQUI’SOL pour l’organisation des Deuxièmes Assises Régionales du Commerce Equitable.
Cet événement a permis de regrouper l’ensemble des acteurs rhonalpins : associations, ONG, coopératives, entreprises, créateurs d’entreprises, comités d’entreprises, distributeurs et collectivités territoriales pour informer, former et échanger autour des problématiques de développement de ce secteur d’activité émergent.

 
 
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