Un livre-passerelle entre hier et « deux mains »

Un livre-passerelle entre hier et « deux mains »

L’Académie de Cuivres en Dombes et Res Publica sont partenaires cette année sur le livre « A deux mains », réalisé avec les pensionnaires de la Maison de Retraite Publique de Villars les Dombes. Nous avons assisté aux répétitions du spectacle de présentation du livre.


Dans la grande salle de la Maison de retraite de Villars les Dombes, on s’agite. C’est jeudi, le dernier jour de répétition avant le spectacle du samedi. Les sept résidents de la maison de retraite, aidés par l’animatrice Claudia Retzma, s’entraînent avec la comédienne Corinne Chevalier, qui leur donne des conseils de diction et de jeu théâtral.

Dans deux jours, cette même salle sera remplie de leurs proches venus célébrer avec eux la sortie du livre « A deux mains », qu’ils ont contribué à écrire. En attendant, rythmés par la comédienne, ils font un filage, c’est-à-dire une répétition rapide de l’ensemble du spectacle, en situation. La petite pièce de théâtre est composée de six petites saynètes avec interludes musicaux, sur lesquelles les acteurs ont travaillé sept séances à peine, en deux mois. La petite pièce permettra de présenter et d’introduire le livre.

 

Les participants
Sur la gauche, Claudia Retzma, animatrice de la Maison de retraite, et au milieu, Philippe Constant, directeur de l'Académie de Cuivres en Dombes

 

Le livre « A deux mains »

« A deux mains » est le récit plein de vie de ces octogénaires et nonagénaires, qui ont traversé presque un siècle de mutations. Pendant quelques mois, la maison de retraite et l’Académie de Cuivres en Dombes ont échangé avec eux sur leur jeunesse, et sur la vie. Parfois originaires de Villars-les-Dombes, où ils résident encore, les résidents évoquent les transformations du territoire de la Dombes, leur vie entre l’école et la ferme, puis les bals, la guerre bien sûr, et les révolutions technologiques.

Millie Sydenier, l’auteure, a compilé le fruit de ces séances et en a fait un livre, illustré par Violaine Tateossian et imprimé grâce à Res Publica. Marie-Françoise, une des participantes, se rappelle des séances de parole comme « de bons souvenirs », et les animateurs confient s’y être pris au jeu et avoir passé de très bons moments d’échanges.

Le livre est un véritable pont entre les générations et ouvre un dialogue plein de curiosité. Suzanne, la fille d’une des participantes, confie : « Le livre traînait sur la table du salon. Ma petite fille de 9 ans et demi l’a lu par hasard et elle m’a posé beaucoup de questions : ‘et toi est-ce que ton père a fait la guerre ?’, etc. C’était tout à fait spontané ».

 

Le spectacle

Le spectacle, qui comportait des lectures d’extraits du livre, avait lieu samedi 9 mai à 15h. Après la petite forme théâtrale, les résidents, accompagnés de l’auteure et l’illustratrice, ont remis les livres à leurs familles et en ont dédicacé une centaine.

 

 

On vous laisse sur un extrait du livre :

 

« L’hiver, on continuait à travailler même s’il faisait nuit. A la fin de la journée, on était content de rentrer à la maison et de s’asseoir près du poêle en fonte dans la cuisine. Il y avait la cafetière qui ne quittait jamais le feu, la soupe qui bouillottait doucement pour le repas du soir. On se dégelait tranquillement en attendant le dîner. Parfois, on buvait, on discutait un peu. Mais les journées sont rudes alors quand le froid fait des siennes, on a vite fait d’être fatigué… »

 

Stéfany Cambe, Res Publica
21-05-2015