Res Publica/Bioforce : un partenariat gagnant ! (Suite et fin)

Res Publica/Bioforce : un partenariat gagnant ! (Suite et fin)

Suite de notre série d’interviews accordée aux acteurs de développement en Afrique qui ont bénéficié des bourses Res Publica dans le cadre d’une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), encadrée par l’Institut Bioforce.

Séverin Wangré a obtenu sa bourse Res Publica en 2016 et a été accompagné par Claire Becker (formatrice Bioforce) dans la rédaction de son dossier de présentation des acquis. Après avoir soutenu son dossier devant un jury de professionnels le 5 mai 2017, il a validé son titre de Coordinateur de Projet de la Solidarité Internationale. Séverin Wangré répond aux questions d’Aboubacar Traore de Bioforce Burkina.

Aboubacar Traore (AT) : Pouvez-vous vous présenter ?

Séverin Wangre (SW) : Je travaille pour la Croix Rouge Burkinabè. Je suis responsable de projet Eau, Hygiène et Assainissement, un projet que je pilote dans la commune de Zabré.

 AT : Mr Wangre, comment avez-vous connu la VAE ?

SW : J’ai connu la VAE il y a 10 ans. Je l’ai découvert par le biais d’un collègue qui suivait cette formation. Je l’ai observé et ai voulu suivre son chemin. Toutefois à l’époque, je n’avais pas assez d’expériences et ne remplissais pas non plus les conditions requises pour être retenu comme candidat. J’ai donc gardé le projet en tête en m’y préparant petit à petit. Cette année (2016 ndlr), je me suis dit que j’étais enfin mûr et prêt à relever ce défi . Je me suis donc immédiatement engagé.

 AT : Est-ce que vous pouvez nous rappeler les différentes étapes de la VAE ?

SW : Il y’a neuf Champs de Compétences Professionnelles (CCP). Au préalable, il faut procéder à une préinscription en ligne ou dans les locaux de Bioforce avec un dossier de candidature complet. Le tout justifié par une lettre de motivation, un CV et la synthèse de son parcours. Si votre demande est retenue par l’Institut Bioforce, vous procédez au paiement du frais d’inscription (150€). Après cette étape, vous recevez une confirmation qui vous donne la possibilité de commencer proprement la VAE par l’élaboration d’un mémoire. Les CCP constituent le cœur de ce mémoire. Il y’a aussi un projet à présenter, sur lequel on développe et bâtit ces champs de compétence, parmi lesquels, il y a la conception, l’évaluation, la gestion budgétaire, la sécurité, la mutualisation des compétences, la gestion logistique et la relation avec les partenaires et acteurs locaux. Voilà en gros, les différents éléments qui structurent le processus d’élaboration du mémoire VAE.

 AT : Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

 SW : J’ai rencontré des difficultés d’ordre mineur. Quand j’ai effectué mon inscription chez Bioforce France, j’ai dû patienter un peu et étais finalement obligé de contacter Bioforce Bobo (Bobo Dioulasso).

Ce dernier a été très réactif et a interpellé l’institut de France. Ce qui a permis de débloquer la situation. J’ai ensuite effectué une demande de bourse qui a été acceptée par Res Publica et m’as permis de bénéficier d’un accompagnement de 16h.

 AT : Comment se passe l’accompagnement ?

SW : J’ai eu la chance d’être confié à Claire Becker consultante et formatrice chez Bioforce. La première séance s’est passée par Skype. Elle s’est présentée et m’a rassuré que tout se passerait bien. Nous avons échangé sur le contenu de mon CV et elle m’a donné des orientations. J’ai pris 3 semaines de congé pour élaborer le mémoire ce qui m’a permis de finaliser le document.

AT : D’une manière générale, qu’est-ce que la VAE vous a apporté ?

Pour l’instant, il est difficile d’apprécier l’apport de la VAE car je suis à un niveau préliminaire du processus. J’ai besoin de temps pour voir comment ce diplôme pourra m’être utile. Je suis toutefois convaincu à 100% que c’est un diplôme indispensable et de qualité qui sera un atout majeur pour mon avenir professionnel. Je suis convaincu que ce diplôme m’apportera une plus-value, c’est indiscutable ! Pour l’instant il est trop tôt pour évaluer les retombées, mais je suis déjà satisfait car je bénéficie d’une bourse.

 AT : Est-ce que ce processus est avantageux d’après vous ?

 Il est très avantageux car il vous donne la possibilité d’obtenir un diplôme de qualité sans être obligé de passer par les bancs de l’école. C’est aussi une consécration car sans la VAE il me serait difficile à l’heure actuelle de laisser mon emploi pour aller passer entre neuf et douze mois dans une institution. Ce qui est aussi intéressant dans la VAE, c’est que ça vous amène à vous tester, à mettre à rude épreuve vos compétences et acquis parce que ça demande un travail d’analyse, de synthèse et ça vous permet vraiment de bien maitriser tout le cycle de gestion de projet et aussi de vous corriger. Il arrive en effet, que dans la pratique on reste dans l’informel. Dans la VAE on est obligé de mieux formaliser les choses, de revoir là où il y a des insuffisances, de les redresser et ça vous oblige à maitriser la théorie. On ne peut pas construire l’acquis si la théorie est creuse. C’est un vrai effort de conciliation entre la théorie et la pratique.

 AT : Un dernier mot ?

SW : Merci à Bioforce et à Res Publica d’avoir rendu possible cette formation. Je regrette juste que Bioforce quitte Bobo Dioulasso. J’en ignore les raisons, mais ça fera du tort à beaucoup de gens qui voudront se lancer dans cette aventure, car la vie est moins chère ici. Le billet d’avion pour un aller/retour au Sénégal (nouveau siège de Bioforce Afrique ndlr), coûtera autant que la formation elle-même. Il y aura surement des demandes de formation, mais beaucoup y renonceront à cause des coûts relatifs au billet d’avion, à la restauration et à l’hébergement, car la vie à Dakar est également très chère.

 

Interview réalisée par Aboubacar TRAORE (salarié Bioforce).

Pour aller plus loin: Bioforce