Sur les traces de Res Publica dans le centre-est du Burkina Faso

Sur les traces de Res Publica dans le centre-est du Burkina Faso

La lecture publique, c’est-à-dire l’accès aux ouvrages, aux journaux et à l’information en général, reste un enjeu majeur dans les pays en développement.

Consciente de cet enjeu, Res Publica a financé en 2016, la construction d’un centre de lecture publique et d’animations culturelles (CELPAC), au bénéfice de la population de Garango au Burkina Faso. Et c’est le journal local « le Pays » qui en parle le mieux !

Sur les traces de Res Publica dans la région du centre-est du Burkina Faso

Le coordonnateur national de l’ONG RES PUBLICA, en compagnie des autorités du département et de la commune, a effectué une tournée dans la région du Centre-Est, précisément dans le département de Garango, une des zones d’intervention de l’ONG. En effet, RES PUBLICA a entamé la construction d’un centre de lecture publique et d’animations culturelles (CELPAC)*, au bénéfice de la population de Garango. Une infrastructure qui est fortement attendue par les habitants de cette localité et dont le financement est entièrement assuré par RES PUBLICA. Et, afin de contrer les effets négatifs liés au déficit de l’électricité de la SONABEL dans ces zones, RES PUBLICA a électrifié un certain nombre d’infrastructures scolaires, dont le lycée et l’école primaire B de Tangaré ainsi que le CEG de Sanogho.

L’électricité fournie grâce au financement de RES PUBLICA va contribuer grandement au bon fonctionnement de ces infrastructures scolaires, d’où sortiront des cadres qui serviront demain la nation burkinabè. C’est environ 180 millions de francs CFA qui ont été investis pour le développement socioéconomique de ce département. C’est pour s’imprégner de l’état actuel de ces infrastructures ainsi que de l’avancement dans la construction, la réfection et l’électrification d’infrastructures scolaires que L’ONG a initié cette sortie de terrain. C’était janvier 2016, dans les villages qui en sont bénéficiaires. Une sortie que le premier responsable de cette ONG, Basile Darga, compte mettre à profit pour s’imprégner des difficultés que vivent au quotidien les populations de cette zone.

«Il faut toujours connaître les limites du possible, non pas pour s’arrêter, mais pour tenter l’impossible dans les meilleurs conditions». C’est pour coller à cette conviction de R. Guy, que le coordonnateur national de l’ONG RES PUBLICA, Basile Darga, en compagnie des autorités locales de la commune de Garango, a effectué une visite de chantier et de solidarité dans des localités, dont les populations dans leur quête du bien-être social, bénéficient de l’accompagnement de son association.

                                           Mr Basile Darga, coodonnateur national de Res Publica au Burkina Faso

Pour marquer leur reconnaissance et leur gratitude à l’endroit de ce partenaire au développement, les autorités administratives locales ont voulu donner un cachet particulier à cette visite guidée.
Conduite par Sombéniwendé Nikiéma, Préfet du département de Garango et président de la délégation spéciale de la commune de Garango, la délégation de cette visite était composée du secrétaire général de la mairie, du commandant de Brigade de gendarmerie de la localité, du commissaire de police du département et de l’Inspecteur, chef de la circonscription d’éducation de base (CEB) de Garango II.

C’est le centre de lecture publique et d’animations culturelles (CELPAC) de Garango, en phase de finition, qui a accueilli, tôt le matin de ce 11 janvier, la délégation de RES PUBLICA. Ce centre de lecture et d’écoute pour jeunes dont la construction a débuté en décembre 2015, sera achevé en mars 2016. Entièrement financé par l’ONG humanitaire RES PUBLICA, l’ouvrage coûtera à lui seul, environs 60 millions de francs CFA.

Anassé Bancé, chef du service du CELPAC s’en réjouit : « Nous ressentons de la satisfaction et de la joie et nous sommes sûrs qu’avec ce joyau, le niveau des élèves sera amélioré tant au primaire qu’au secondaire. »

Cap a ensuite été mis sur le village de Tangaré, situé au sud de la ville de Garango, dans le secteur n°1 de la commune, où le corps enseignant du lycée de Tangaré attendait la délégation. Dans cet établissement secondaire dont l’ONG RES PUBLICA a beaucoup œuvré pour l’équipement, l’extension des salles de classes et l’électrification en plaques solaires, les résultats scolaires, à en croire les premiers responsables du lycée, sont très satisfaisants. «Depuis plus de trois ans, sous ma gouvernance, les résultats annuels ont toujours été positifs, d’où le rang de troisième qu’occupe régulièrement l’établissement dans le Centre-Est, juste après le petit séminaire et le lycée Marie reine de Tenkodogo », se félicite Boureima Compaoré, proviseur de ce lycée. Il dit devoir cette performance scolaire à l’appui des autorités, de l’APE, et surtout d’autres partenaires dont l’ONG RES PUBLICA qui contribue, souligne t-il, largement au bon fonctionnement de ce lycée.     

L’enseignement primaire dans cette localité n’est pas en marge de cette solidarité de l’ONG. Et pour preuve, RES PUBLICA soutient aussi dans le village de Tangaré, l’école Tangaré B, ouverte l’année scolaire écoulée. C’est pourquoi les parents d’élèves de cette école, avec à leur tête le chef du village, ont accueilli peu avant 10 heures le 11 janvier, le PDS et sa délégation. Il s’agissait là encore, pour les parents, de traduire leur reconnaissance à RES PUBLICA pour son soutien à l’éducation et au bien-être de leurs enfants. Avec un effectif de 169 élèves dont 50 au cours préparatoire, première année (CP1) et 55 au cours préparatoire deuxième année (CP2), le bâtiment scolaire qui est construit par RES PUBLICA comporte trois classes, un bureau et un magasin. Des latrines et la cuisine accompagnent le bâtiment pédagogique. Dans cette école primaire, l’accent a été mis sur l’accès des filles à l’Enseignement. C’est pourquoi on y dénombre par exemple au CP1, un ratio de 29 filles contre 21 garçons, et au CP2, 38 filles contre 17 garçons.

Le coordonnateur national, fier de cette forte scolarisation des filles dans la localité, a prodigué des conseils à l’Association des parents d’élèves de l’école, puis a souhaité que l’esprit de partenariat règne davantage entre l’Administration scolaire, l’APE et l’ONG RES PUBLICA pour le bien et l’avenir des enfants de la localité. «Nous remercions l’ONG RES PUBLICA pour cette école qu’elle nous a offerte et qui contribue ainsi à l’éducation de nos enfants », a dit le chef de Tangaré. Dans ce même ordre d’idée, le directeur de l’école Tangaré B, Hilaire Bambara, pense que l’existence de cette école primaire dans ce village témoigne de l’importance que RES PUBLICA accorde à l’éducation. Le principal vœu formulé par les populations de Tangaré, à l’adresse de la délégation, est de voir cette école se développer pour atteindre six classes dans les années à venir.

La troisième et avant dernière étape effectuée par Basile Darga et ses hôtes dans cette localité dont il est issu, est celle de Sanogho, une bourgade située à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu du département de Garango. Dans ce village, RES PUBLICA a construit des salles de classes, équipé l’Administration en matériels didactiques solaires, doté ces classes de plaques solaires et réfectionné le CEG qui a ouvert ses portes en décembre 2008.

Ce CEG qui était sous la direction du Proviseur du lycée de Garango, à sa première année d’ouverture, est actuellement dirigé par Janvier Yaméogo. L’établissement qui a un effectif de 404 élèves compte toujours sur la contribution de RES PUBLICA pour son fonctionnement. Il attend notamment de cette ONG bienfaitrice, la construction d’un magasin et une dotation en matériels informatiques car, a laissé entendre son directeur, «le lycée fonctionne toujours avec des dactylos et cette visite nous donne l’espoir que nous serons encore satisfaits dans nos doléances»

La boucle de cette tournée s’est faite à l’orphelinat Saint Vincent de Paul de Garango, un pensionnat catholique qui accueille depuis 1984, des nourrissons en difficultés. Dans ce foyer humanitaire, 21 nourrissons vivaient au moment de la visite. Des pensionnaires y sont entièrement pris en charge par la paroisse qui bénéficie de l’appui de RES PUBLICA. «Nous formons des femmes âgées pour qu’elles prennent soin de ces enfants dont la prise en charge ne nous est pas aisée, en termes d’approvisionnement en lait et en bois de chauffe», a confié Léontine Zouré/ Bambara, représentante de la première responsable de cet orphelinat. Selon madame Zouré, le personnel de ce centre est pris en charge grâce à des contributions des familles de ces nourrissons. On comprend alors à quel point le geste de RES PUBLICA, composé d’une tonne de riz et de cinq bidons d’huile, constitue une véritable manne pour les nourrissons et une bouffée d’oxygène pour les premiers responsables de l’orphelinat. «Nous sommes encore agréablement surpris par cette visite de l’ONG RES PUBLICA qui vient nous soulager une fois de plus dans beaucoup de situations, juste après avoir fait parler son cœur, il y a quelques mois de cela» a déclaré Léontine Bambara.

Créée en 1997 sous statut associatif et financée sur fonds propres, RES PUBLICA du latin, « la chose publique », relatif à l'intérêt général, se définit comme une ONG laïque et indépendante de tout pouvoir politique, intellectuel ou financier. ONG de développement au Burkina Faso depuis 2001, elle s'est forgée une forte expérience de terrain, avec une approche polyvalente du développement. L'éducation, la santé, l'économie, l'accès à l'eau potable et la culture font partie des principales problématiques abordées, toujours dans une optique de recherche d'autonomie des projets, tout en respectant les choix de développement des populations locales. RES PUBLICA dont l'antenne administrative est à Ouagadougou intervient principalement dans les communes rurales de Nanoro, Pella et Soaw, dans la province du Boulkiemdé, région du centre-ouest. En plus de cette zone, RES PUBLICA intervient dans plusieurs autres communes du Burkina.

Garango qui auparavant couvrait les communes de Niaogo, Boussouma, Bégdo, Comtoila et Garango a été érigé en département et compte désormais 32 villages et 7 secteurs. Très vaste, on parle aujourd’hui de l’axe Garango, un centre de plusieurs communes à 20 kilomètres de Tenkodogo.

Diane Sawadogo/digicomfaso.info

Ils ont dit :

NIKIEMA Sombéniwendé, PDS de la commune de Garango
« Nous sommes très heureux de voir l’ONG nous aider avec des infrastructures. Cela va booster le département en matière d’accueil, de culture et d’éducation, surtout dans l’esprit du continuum éducatif qui veut que le cursus aille au moins du CP1 jusqu’à l’âge de 16 ans. C’est très remarquable de la part de RES PUBLICA d’avoir fait tant pour Garango malgré ses charges en termes de couverture. Cette aide vient redresser un tant soit peu le handicap de la mairie. Nous aimerions voir l’ONG étendre sa couverture sur toute la région et diversifier ses domaines d’aides. Nous en appelons aussi à d’autres personnes de bonne volonté pour nous aider dans d’autres secteurs.»


Sibiri Herman BAMOGO, Inspecteur de l’enseignement du premier degré, chef de la circonscription d’éducation de base n°2 de Garango

« Je voulais pour l’occasion exprimer à l’endroit de l’ONG, du coordonnateur et du personnel, ma reconnaissance et ma satisfaction pour leur accompagnement depuis belle lurette. La CEB de Garango II a été créée en octobre 2004 et compte présentement 29 écoles primaires publiques, 3 écoles privées classiques, à savoir 2 écoles catholiques et une école protestante. Elle compte également 5 écoles franco-arabes. Nous avons au total 160 classes pour toutes ces écoles, avec 162 enseignants, et 6 instituteurs principaux. Je suis assisté par 2 conseillers pédagogiques. En matière de doléances, je préfère me contenter de tout ce que l’ONG a fait pour nous jusque-là, même si nous avons besoin de parachever une de nos écoles qui est présentement sous paillote. Il y a également que nos vieilles écoles qui ont du mal à être normalisées nécessitent l’assistance de partenaires comme RES PUBLICA, afin que nous puissions répondre à la forte demande et renforcer les capacités des acteurs de l’enseignement.
Une fois encore merci à cette ONG. »


Basile Darga, coordonnateur national de l’ONG RES PUBLICA

«Notre visite s’inscrit dans la dynamique des tournées de chantiers. Nous faisons des tournées pour nous assurer que nos chantiers s’exécutent normalement et selon les conditions définies dans les contrats.
A commencer justement par le CELPAC (centre de lecture publique et d’animation culturelle) qui est, comme vous l’avez constaté, en cours d’évolution. Le chantier avance très bien, d’où notre satisfaction de pouvoir dans les jours à venir, remettre un ouvrage flambant neuf aux autorités locales.

Il faut dire que les projets que nous finançons à Garango sont des projets prioritaires. C’est pour dire qu’au-delà de la simple sollicitation par les populations, nous participons à la sélection effective des projets avant leurs financements. Comme vous le remarquez, tous les projets à Garango rentrent en droite ligne de la promotion de l’éducation qui fait partie des priorités du Burkina. Le CELPAC sera doté d’un cadre d’animations culturelles. Elle aura en son sein une bibliothèque et tout le long de ses murs, il y aura des tableaux que les élèves pourront utiliser. »

Propos recueillis par DS

Pour aller plus loin :http://lepays.bf/

 

*Un CELPAC regroupe une bibliothèque, une salle polyvalente où se déroulent des animations culturelles et un équipement audiovisuel et/ou informatique