La presse parle des invités de La Chose Publique !

La presse parle des invités de La Chose Publique !

Rue89Lyon est partenaire de La Chose Publique, le festival des idées organisé par La Villa Gilet et Res Publica du 15 au 24 novembre 2018. L'organe de presse est allé à la rencontre de certains invités du festival. Nous vous proposons ici leurs contributions.

Dominique Cardon : " Internet, une nouvelle scène politique " 

Invité du festival « La Chose Publique », Dominique Cardon est sociologue. Au cours de ses recherches, il a notamment travaillé sur les transformations de l’espace public, les dynamiques expressives et relationnelles via le web. Aujourd’hui, le sociologue s’interroge sur la façon dont Internet a bousculé la scène politique. 

Il est l’un des invité-e-s de « La Chose Publique », un festival des idées organisé par La Villa Gilet et Res Publica, qui se décline en une série de rencontres et de débats du 15 au 24 novembre 2018. Rue89Lyon en est partenaire et nous publions les contributions des auteurs que vous pourrez rencontrer en novembre.

Après avoir été perçu comme un espace d’émancipation politique, le web est aujourd’hui considéré comme l’instrument d’une dégradation dangereuse de la vie publique. Mon propos sera d’interroger ce brutal changement d’interprétation en soutenant un argument paradoxal : ce qui a réellement changé c’est que, par rapport à l’ère des pionniers du numérique, les pratiques numériques se sont en fait démocratisées. La promesse du numérique était de donner à chacun le droit de choisir les informations, d’en publier et de les partager afin de défaire le partage traditionnel entre un petit nombre de producteurs d’informations et des publics silencieux.

Longtemps réservée à une élite sociale et politique, cette mise en circulation plus ouverte des contenus informationnelle s’est (partiellement) généralisée, elle s’est massifiée et elle est de moins en moins contrôlable par les gatekeepers” (journalistes, éditeurs, etc.) traditionnels. Cette transformation est au cœur des débats actuels accusant cette dérégulation du marché de l’information d’être responsable d’un certain nombre de maux : désinformationenfermement dans des bulles idéologiquesmanipulation des algorithmes par les plateformessurveillance des internautes, etc.

Pourquoi avoir peur des fake news ? 

À ce sujet, je souhaite me poser deux questions. Pourquoi d’abord avons-nous si peur des effets des fausses informations sur les esprits alors que la revendication qui a accompagné le développement du numérique était celui d’une société d’individus autonomes et suffisamment responsables pour ne pas entériner des choix faits par d’autres ?

Le débat sur la désinformation numérique, et surtout sur ses effets, témoigne de représentations contradictoires de la diffusion de capacités à la distance critique dans nos sociétés. La deuxième question est de savoir ce que disent les recherches empiriques sur les transformations de la consommation d’information. Sommes-nous réellement exposés à moins d’informations, et à des informations réellement moins contradictoires, que dans le passé.

Par Rue89Lyon

Rédacteur : La presse parle des invités de La Chose Publique !