LCP2018: entretien dans la revue

LCP2018: entretien dans la revue

Dans un entretien accordé à la revue bimestrielle « Sans transition », Monsieur Jean Claude Perrin fondateur de Res Publica, s’exprime sur le festival La Chose Publique 2018 et explique les raisons qui motivent son association à soutenir un tel événement. A lire !

"Rendre aux jeunes le goût de la politique"

Entretien avec Jean-Claude Perrin, fondateur de l’association Res Publica, organisatrice du festival La Chose Publique, qui se déroule à Lyon du 15 au 24 novembre prochain. Ce chef d’entreprise a mis une part importante de sa fortune personnelle au service du « progrès social et du développement ». A travers l’association Res Publica, il entend susciter le débat démocratique dans la Cité.

Pourquoi avoir choisi de cibler les jeunes pour cette nouvelle édition du festival « La Chose Publique », qui se déroule à Lyon mi-novembre ?

Grâce aux nombreux débats politiques proposés, notre souhait est d’impliquer les jeunes dans la vie de la Cité. Objectif : leur montrer l’importance de l’action citoyenne et de la citoyenneté, des enjeux sociétaux. Concrètement, on veut politiser les jeunes ! Et les accompagner dans une construction de ce que l’on appelle la société civile.

En partenariat avec le média Rue89Lyon, nous invitons les jeunes à produire des contenus en ligne durant le festival. Ces derniers pourront alors être valorisés via la plateforme Villavoice.fr.

Des lycées sont également invités à participer aux débats, en partenariat avec les Académies régionales. Le format des débats s’inscrit dans une démarche participative, inclusive, à laquelle les jeunes sont particulièrement sensibles.



Vous partez du constat que la démocratie demeure une idée très récente et qu’il est nécessaire de tester sa réelle efficacité par la vox populi. Que proposez-vous pour revitaliser la démocratie ? Une sortie du capitalisme ?

En effet, nous sommes loin de la pratique démocratique puisqu’une personne sur trois ne vote pas en France. Les non-inscrits sur les listes sont toujours plus nombreux. Et le vote des extrêmes s’inscrit durablement dans le paysage français.

Mais, à mon sens, le capitalisme malgré ses nombreux travers- reste le seul système opérationnel. Son défaut : il ne fonctionne qu’en creusant à l’infini les inégalités. Avant la mondialisation, le capitalisme était régulé par l’État. Désormais, le système capitaliste est mondialisé alors que les États ne le sont pas. Seules les sociétés civiles pourront le contrôler, à condition qu’elles se mondialisent elles-mêmes. Comment agir alors ? En construisant une société qui débat, implique les citoyens dans les décisions, agit sur les inégalités, rééquilibre les forces en présence notamment par une société civile forte qui interviendrait comme contre-pouvoir.

Quels sont alors, selon vous, les chemins de Transition pour une véritable démocratie au sein du système capitaliste ?

La première solution qui me vient à l’esprit a déjà été mise en œuvre en 1789, et a eu pour objet d’abattre une élite. Est-ce possible au XXIe siècle ? A l’évidence, non.

La deuxième voie est celle proposée par la Chine en ce moment : une forme de centralisme démocratique qui administre 1,4 milliard d’individus. Ce pouvoir me paraît d’autant plus dangereux qu’il est efficace, puisqu’une importante classe moyenne chinoise - de plus de 300 millions de personnes – a déjà émergé. Et désormais, ils proposent leur modèle global comme alternative à la démocratie, à travers des conférences partout dans le monde ! La dernière solution, selon moi, est l’avènement d’une prise de pouvoir par la société civile. Doit-elle prendre la place du politique ? Pas certain. Mais dire que c’est la société civile qui doit décider des grandes orientations à 20-30 ans, autrement dit du long terme, me semble inéluctable. Cette temporalité n’est plus compatible avec celle de nos dirigeants politiques et de leurs intérêts propres. La seule exigence de ce système : le citoyen doit devenir l’acteur de cette Transition. De passer du citoyen-consommateur au citoyen-acteur. Ce qui ne sera pas une mince affaire !

Pour cette 3ème édition, notons, parmi d’autres, la participation de Isabelle Delannoy, Pierre Rosanvallon et Christiane Taubira. Et vous, serez-vous parmi les 3000 personnes attendues ?

Entretien réalisé par Julien Dezécot,
Sans Transitions

Pour aller plus loin:

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Rédacteur : Julien Dézecot