Le Nicaragua (4/4) : Res Publica en mission

Le Nicaragua (4/4) : Res Publica en mission

Pour ce dernier article du dossier, nous nous penchons sur les missions de suivi et d'évaluation, en deux volets: l'évaluation du ou des réseaux réalisés l'année précédente, et ensuite, l'étude et la validation du ou des nouveaux projets prévus pour l’année suivante.


Evaluation des 2 projets réalisés l’an dernier

En 2014, deux nouveaux projets ont vu le jour : La Ceiba Dudu (Municipio de Waslala) et San Francisco Kuskawas (Municipio de Rocho Grando). Globalement, l’investissement réalisé par Res Publica (188 000 $US, soit 43% du montant total) a permis à 163 familles, soit 872 personnes de consommer une eau potable et d’améliorer les systèmes d’assainissement des villageois (auto-construction de 145 latrines).

A la Ceiba Dudu par exemple, chaque famille a cotisé 40 $US pour participer aux frais de nourriture et de logement des techniciens APLV et a travaillé 90 jours à la construction du réseau. A San Francisco Kuskawas, même si quelques 20 familles se sont désistées en cours de projet du fait de l’effort physique à apporter, le travail a été terminé et les réalisations techniques sont à la hauteur de nos attentes.

Nos visites des 27 et 28 février ont été l’occasion d’inaugurer toutes ces réalisations, de transférer officiellement la propriété des réseaux aux Comités de gestion villageois avec une forte présence des autorités locales et enfin, de contrôler les points critiques des projets.
 

Inauguration à La Ceiba Dudu

Inauguration à La Ceiba Dudu

Au niveau social, plusieurs visites, au hasard des maisons, permettent de vérifier que les formations réalisées par APLV sont respectées, concernant la sauvegarde de la qualité de l’eau lors des manipulations, l'amélioration de l’hygiène quotidienne mais aussi sur la propreté des habitations, le recyclage et la crémation des ordures, la maîtrise des eaux usées via les drainages, ou encore par une attention accrue aux animaux domestiques.

Au niveau administratif, Res Publica contrôle la mise en place des documents administratifs par les Comités de l’eau, auditionne chacun des membres du Comité sur leurs rôles respectifs et vérifie la légalisation des documents de propriété et de reconnaissance légale des instances du village. Les 2 comités ne sont encore légalisés du fait des nombreux documents à réunir et de la lenteur administrative très centralisée. Leur compte bancaire n’a donc pas pu être ouvert. Il est toutefois important de leur faire sentir que cela fait partie des obligations à  remplir. Nous serons amenés à repasser pour vérifier.

L'équipe APLV à San Francisco Kuskawas

L'équipe APLV à San Francisco Kuskawas

Au niveau de la sauvegarde environnementale, nous vérifions l’acquisition des propriétés de la source et la légalisation des droits de passage du réseau sur les parcelles privées ainsi que la gestion des risques de pollutions humaines (présence de culture polluantes en amont) et animales (clôture des espaces dédiés aux sources). 

Au niveau financier, un audit de gestion est réalisé au niveau d’APLV pour contrôler les dépenses de matériaux et de main d’œuvre, comparer les tarifs des fournisseurs et contrôler le compte bancaire dédié au projet.

 

A San Francisco Kuskawas

San Francisco Kuskawas

Cette année encore, Agua Para la Vida a respecté ses engagements et rempli sa mission.



Etude du projet candidat de Wani pour 2015-2016

La dernière partie de notre mission consiste à visiter le prochain village candidat.

La communauté de Wani se décompose en 4 secteurs, de part et d’autre d’une piste qui relie le village à la ville de Siuna à 6 km. L’habitat est concentré et le village bénéficie du réseau électrique depuis maintenant 4 ans. La situation de l’eau est très problématique puisque les 1093 habitants puisent l’eau de boissons dans 5 puits pollués par les activités d’extraction d’or situées à quelques kilomètres.



Wani - Mission d'adduction d'eau

Voici le puits du village de Wani - mais celui-ci n'est ouvert
que 4h par jour, son débit insuffisant et l'eau est polluée

Les analyses réalisées présentent des traces importances de coliformes fécaux mais aussi des traces de plomb, mercure et cyanure. Le recensement sanitaire réalisé l’an passé présente des chiffres inquiétants puisque 11% des enfants présentent des cas de diarrhées et de parasites intestinaux, 6% des infections rénales, 4% des cas de dengue et de paludisme et 10% des adultes sont touchés par des infections de la peau. Les besoins sanitaires sont réels même si la communauté s’en sort plutôt bien au niveau économique du fait de sa proximité avec un centre urbain.

La source identifiée pour alimenter la communauté se situe à 12 km dans une réserve naturelle appelée le massif du Bosawas. Parfaitement protégée des pollutions extérieures, la couverture arborée est excellente et garantit un débit suffisant pour alimenter les 219 familles de Wani.

Notre visite du 26 février nous a permis de nous imprégner des réalités de terrain vécues par cette communauté. Les réunions réalisées avec les bénéficiaires ont validé une forte motivation pour participer activement au projet, point essentiel pour abaisser les coûts de réalisation et favoriser l’appropriation du réseau. Depuis plusieurs années déjà, ce projet était repoussé au vu de sa taille importance, des distances importante du réseau à réaliser (50 km de réseau) et évidemment de son coût (548 000 $US). Une rencontre avec la mairie de Siuna a permis de valider sa forte participation financière à hauteur de 27% du budget total. De son côté, APLV nous a présenté un projet technique et un budget prévisionnel.
 

A Wani, le transport actuel de l'eau

Le transport actuel de l'eau

Au vu de l’importance de la taille de ce réseau d’eau, sa réalisation se fera au minimum sur une période d’1 an et ½. Res Publica s’est engagée financièrement à hauteur de 398 000 $US (72% du budget), ce qui en ferait le plus gros projet soutenu jusqu'à présent. C’est maintenant aux techniciens APLV, au Comité de l’eau du village et aux bénéficiaires de Wani de donner vie à ce projet.

 

Conclusion générale

Au-délà de l'aspect technique du projet (assainissement des eaux) et des enjeux au niveau de la santé et de l'hygiène des habitants, l'intérêt est fondamental au niveau politique et social puisqu'il permet aux populations de prendre en main leurs conditions de vie, et de s'unir pour un objectif commun. Les habitants sont juridiquement propriétaires de la source, ce qui leur confère une autonomie totale et supprime les intermédiaires, sans oublier que le coût environnemental de ce système gravitaire est quasiment nul.
 

Lire aussi : Le Nicaragua (1/4) Paysages touristiques, paysages politiques
Le Nicaragua (2/4) Les actions d'Agua Para la Vida
Le Nicaragua (3/4) Res Publica en mission
Site internet APLV
Vidéo de nos actions au Nicaragua
Album photo de nos actions depuis 2006 

Stéfany Cambe
31-03-2015