Prise en charge de la malnutrition au Mali

Prise en charge de la malnutrition au Mali

La commune de Toulon-sur-Arroux en région Bourgogne-Franche-Comté, est jumelée depuis 1997 avec Ibalaghane, un village essentiellement Touareg, proche de la frontière nigérienne et faisant partie de la commune d’Andéramboukane, région de Ménaka.Présentation.

L’Association Toulonnaise d’aide au cercle d’Andéramboukane au Mali (ATACAM), multiplie des actions de solidarité depuis une vingtaine d’années afin d’aider les habitants du village à améliorer leurs conditions de vie. Consciente de l’urgence des besoins les plus élémentaires dans le village, nous développons des initiatives qui se traduisent par :

- Une aide à l’alimentation: avec l’achat de vaches pour un troupeau communautaire, de mil pour le démarrage d’une banque de céréales, de matériel et de viande pour la cantine scolaire et de fourrage pour les troupeaux.

Suite à une sécheresse puis à une invasion de criquets, une aide d’urgence fut également mise en place. Les habitants avaient également la possibilité d’effectuer des prêts pour l’achat de bétail, la réparation du puits et de sa pompe, etc…

- Une aide à l’amélioration de la santé: en soutenant la formation d’un aide-soignant et d’un infirmier et en facilitant l’achat de médicaments à la pharmacie de Gao;

- Des actions pour l’éducation : construction du bâtiment de l’école, des latrines et d’une maison équipée de panneaux solaires pour loger les enseignants, appui permanent au fonctionnement de l’école et de la cantine, financement d’un cycle d’alphabétisation pour les adultes du village.

 

Une rencontre fructueuse

C’est en 2012 que Geneviève Germain, présidente du jumelage, rencontre Françoise Perrin, présidente de l’association Res Publica. La décision est prise d’épauler notre association dans l’installation du CESCOM (centre de santé communautaire) par l’apport de matériel et de médicaments ainsi que le financement d’une action de sensibilisation à l’hygiène sur cinq villages. Depuis, ATACAM bénéficie d'un appui régulier de Res Publica notamment, sur des projets liés à la lutte contre la malnutrition et la sensibilisation à l’hygiène.

La nécessité de réorienter nos actions

Jusqu’au déclenchement des hostilités au nord du Mali, nous nous rendions régulièrement au village pour contrôler l’avancement de nos actions. Nous y séjournions environ 15 jours. Les relations étroites avec tous les membres des autres jumelages ou ONG de notre fédération FCDM (France Cercle de Ménaka) nous permettaient d’entretenir un climat de confiance avec les populations et un suivi particulièrement efficace.
Dès lors que les événements nous ont interdit tout déplacement au Sahel, nous privant ainsi de tout suivi et vérification, nous avons revu notre manière de fonctionner. Des difficultés étant aussi apparues avec les représentants du village, nous avons donc décidé de revoir l’orientation de nos actions en s’appuyant sur des personnes de confiance et en ciblant principalement le soutien à la santé par l’intermédiaire de notre représentant local Batanaré.

Qui est Batanaré avec lequel cette relation de confiance est établie aujourd’hui pour mener l’essentiel de nos actions ?

De son vrai nom Youssouf Ag Amiyimi, Batanaré est infirmier responsable du centre de santé d’Andéramboukane. Lors de notre premier voyage en 1997, il avait 8 ans et déjà le courant était passé avec ce gamin. Il était présent pour nous accueillir à chaque déplacement et nous avons commencé à suivre sa scolarité. Sa conviction souvent répétée de revenir aider les siens et sa région lorsqu’il aura son diplôme d’infirmier nous a convaincu. Nous l’avons aidé financièrement pour devenir aide-soignant puis avoir son diplôme d’infirmier à Niamey. Promesse tenue, il est revenu chez lui pour être aujourd’hui dépositaire de nos actions.

Actuellement, Res Publica apporte son aide au projet de lutte contre la malnutrition initié par Batanaré. Le financement apporté sert à sortir d’une malnutrition sévère (définitivement ! sauf bien sûr quelques cas) environ 80 enfants et 40 femmes enceintes ou allaitantes ainsi que des personnes très âgées.
Après un dépistage hebdomadaire sur un rayon d’action de 15 km, l’infirmier ouvre des cantines sur des sites de rassemblement Touaregs. Deux jours par semaine on nourrit et surtout, on apprend à préparer la nourriture. Au bout de quatre mois lorsque la malnutrition aigüe est solutionnée, ce sont les femmes qui prennent le relai avec leurs propres moyens (nourriture locale).
Côté éducation, nous avons pris en charge la scolarité de 10 enfants émigrés au Niger, l’école d’Ibalaghane ne fonctionnant plus suite aux actes terroristes.

A l’heure où le peuple sahélien subit les conséquences des actes insensés de fanatiques djihadistes et où des milliers d’hommes prennent des risques insensés pour fuir un pays où ils n’ont pas d’avenir. Face à cette situation, le soutien financier et moral de ResPublica est crucial. Il nous a permis de réaliser un projet cohérent et de fixer et d’atteindre des objectifs clairs. Res Publica nous incite à réitérer notre soutien et à donner un peu d’espoir à la population d’Andéramboukane. Nous l’en remercions.



 

Rédacteur : Paul Dumont Secrétaire d’ATACAM/Res Publica