Le projet « Les Dynamiques – Faire avec la société civile » a l’ambition de (re)placer une société civile au centre du débat et de la décision publique.

Un développé en partenariat avec

    Présentation

    Le projet « Les Dynamiques – Faire avec la société civile » a l’ambition de (re)placer une société civile au centre du débat et de la décision publique. Pilier déterminant de la démocratisation, la société civile est par sa puissance et sa diversité l’expression la plus large de l’intérêt général.

    Acteur local tout autant que global, la société civile a aussi un rôle à jouer dans les affaires du monde. Et cela est particulièrement vrai pour ce qui est des relatons entre l’Europe et l’Afrique, l’Afrique et l’Europe. Ces deux continents, voisins et frères, séparés par la mer Méditerranée devront à l’avenir faire face à des défis communs. Le futur des populations africaines et européennes est lié et leur collaboration future inévitable. La définition de cet avenir commun implique la participation pleine et au même niveau des sociétés civiles constituées sur chaque rive de la Mer commune. 

    C’est en partenariat avec Le Monde Afrique que Res Publica a décidé de développer le projet "Les Dynamiques".

    LE constat

    La société civile, qu’elle soit organisée ou non, présente une puissance considérable dans les sociétés modernes. Par son nombre, tout d’abord, car elle est constituée - potentiellement - de l’ensemble de la population d’un territoire ou d’un espace. Par sa diversité, ensuite, car elle est à même de recouvrir une grande variété de points de vue en direction d’un objectif commun. Par son effet levier, enfin, car elle est bien souvent à l’origine de changements sociaux, de transitons sociales.

    Bien que potentiellement puissante, la société civile achoppe souvent, trop souvent, à prendre les rênes de son destin. Si elle parvient à initier des transitons, à « faire bouger des lignes », elle est écartée de l’exercice du pouvoir par le personnel politique. Ce constat vaut, à des degrés divers, pour les sociétés européennes et africaines. Dans les deux ensembles, la société politique s’est imposée sur la société civile.

    Si la société politique affirme qu’elle exerce son action dans l’intérêt général, la réalité offre un paysage différent. A l’examen, l’action politique exercée sur les deux continents est affectée par trois limites qui en réduisent l’envergure et érodent la place de la société civile et par conséquent celle de l’intérêt général :
    La première limite concerne l’enfermement de l’action politique dans le court terme.
    La décision et le jeu des échéances électorales préemptent le quotidien des décideurs, les inscrivent dans le « court-termisme » et leur ôtent toute vision stratégique de leur action.

    La deuxième limite concerne la définition des termes du débat public, voire la limitation de ce débat, par la société politique. Les débats relatifs à des domaines jugés sensibles par la société politique, tels que la sécurité ou encore l’immigration, sont « cadenassés » et ne permettent pas une discussion ouverte et argumentée laissant de fait la société civile « sans voix » ou reléguant son action au domaine de la contestation ou de la manifestation.

    La troisième limite concerne la tendance des décideurs politiques à exercer une maîtrise sans partage du pouvoir et de son exercice. Cette tendance existe, voire se renforce, dans bien des régions du monde, en Afrique comme en Europe. Or, la maîtrise du pouvoir ralentit, quand il n’empêche pas, les processus de transformation des sociétés.

    Absence de vision politique, orientation du débat politique et tendance à la maîtrise du pouvoir sont les maux dont souffrent les sociétés contemporaines accaparées par l’omniprésence de la société politique. Il est temps de réparer ce déséquilibre et de (re)donner à la société civile la plénitude de son action et de sa place. Il est temps de « faire avec la société civile ».

     

    L’objectif

    L’objectif des rencontres organisées dans le cadre du projet Les Dynamiques est de réunir des acteurs africains et européens pour établir un processus de réflexions et de discussions sur la place et le rôle des organisations de la société civile africaines et européennes dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques tant au niveau international, national que local. Les rencontres de la société civile doivent permettre de :

    • poser les bases d’une analyse de la nature et des caractéristiques de la société civile africaine et européenne. Cela comprend une analyse sur l’identité, la vision, les valeurs, les composantes, les enjeux et défis, les forces et faiblesses, les différences et divergences etc. de la société civile en Afrique et en Europe ; 
    • définir un cadre de discussions et de partenariat pour promouvoir et améliorer les relations entre les organisations de la société civile africaine et européenne; 
    • proposer des recommandations et des plans d’action en vue d’améliorer la participation des organisations de la société civile à la conception, l’exécution et l’évaluation des politiques publiques.

     

    Comité d'accompagnement

    Prochainement, nous constituerons un comité d’accompagnement composé d’acteurs africains et européens pour établir un processus de réflexion et de discussion sur la place et le rôle des organisations de la société civile africaines et européennes dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques tant au niveau international, national que local.

     

    Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, a accueilli les 14 et 15 février 2020, les rencontres de la société civile. Cet événement a formalisé le lancement du projet « Les Dynamiques » initié par Res Publica, en partenariat avec Le Monde Afrique.

    KEYNOTE #1


    LA PLACE DE LA SOCIÉTÉ
    CIVILE DANS LES RAPPORTS
    AFRIQUE/EUROPE

    Cette keynote, animée par Maryline Baumard (Le
    Monde Afrique), s’est articulée autour des analyses
    de deux intervenants :
    Sékou Koureissy Condé (Directeur des programmes Afrique Res Publica et Président d'African Crisis Group) et Yves Pascouau (Directeur des
    programmes Europe, Res Publica).

    Elle a notamment permis aux intervenants de faire un diagnostic sur la place des organisations de la société civile (OSC) en Afrique et en Europe, tout en mettant l'accent sur les dynamiques et problématiques que rencontrent les sociétés civiles dans leur régions respectives.

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    TABLE RONDE #1

    LA SOCIÉTÉ CIVILE,
    ACTEUR DES TRANSITIONS ?

    Cette table-ronde, animée par Maryline Baumard, a
    porté sur le rôle de la société civile au regard des
    transitions sociétales en Afrique et en Europe. Elle
    a réuni Jean-Claude Perrin (fondateur de Res publica)
    et Wodjo Fini Traore (Ex-vice-président de la
    Commission nationale des Droits de l’Homme, de la
    Côte d’Ivoire et actuel conseiller du ministre ivoirien
    de la sécurité).

    Les transitions, qu’elles aient permis une véritable remise en cause du régime précédent ou qu’elles soient restées sous le contrôle des dirigeants en place, ont bousculé les règles du jeu politique en Afrique.

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    TABLE RONDE #2

    L’ORGANISATION
    DES RAPPORTS
    ENTRE LA SOCIÉTÉ CIVILE
    ET LES POUVOIRS PUBLICS :
    CONFRONTATION
    OU COOPÉRATION ?

    Cette table ronde a accueilli Mariama Gamatié Bayard, sociologue consultante et présidente du parti politique « Rassemblement des citoyens pour un Niger Nouveau, RACINN Hadin’Kay » et Edouard Martin, ancien Député européen. Elle était modérée par Salam Ouédraogo, directeur exécutif de Res Publica Burkina.

    Elle a porté sur la manière dont se construisent, se développent ou se détériorent les liens entre la société civile et le pouvoir. Les sociétés civiles d’Afrique et d’Europe ne peuvent pas continuer de travailler de manière cloisonnée les unes à côté des autres.


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    KEYNOTE #2

    RENFORCEMENT
    DU RÔLE DE LA SOCIÉTÉ
    CIVILE FACE AUX ENJEUX
    DE LA DÉMOCRATIE
    ET DE LA BONNE
    GOUVERNANCE EN
    AFRIQUE DE L’OUEST : QUELLES STRATÉGIES ?

    Cette Keynote a été présentée par Elimane Haby Kane, consultant sénior, ancien responsable du Programme gouvernance chez OXFAM. Elle était modérée par Maryline Baumard.

    En Afrique subsaharienne, la contribution des organisations de la société civile (OSC) est vitale dans la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance. La société civile doit participer à une implication personnelle, collective et citoyenne dans l’élaboration et le contrôle citoyen des politiques publiques.

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    TABLE RONDE #3

    QUELS ENJEUX
    ET QUELS DÉFIS
    COMMUNS POUR
    LES SOCIÉTÉS CIVILES
    AFRICAINES ET
    EUROPÉENNES ?

    Cette table-ronde regroupait Françoise Perrin, présidente de Res Publica, Seydou Ouédraogo, directeur exécutif de Free Afrik et Edouard Gaudot, historien, ancien conseiller politique au Parlement européen. Elle était modérée par Yves Pascouau (Directeur des programmes Europe de Res Publica)

    Pour ce qui est des enjeux et défis communs aux sociétés civiles africaines et européennes, les interventions respectives d’Edouard Gaudot et de Seydou Ouédraogo ont identifié ces enjeux et défis dans le court, le moyen et le long terme.

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    TABLE RONDE #4

    QUELS MOYENS
    D’EXPRESSION
    À DISPOSITION DE
    LA SOCIÉTÉ CIVILE ?

    Cette table ronde a été l’occasion d’une rencontre entre Naïm Touré (activiste burkinabè) et Big Ben (Street artiste lyonnais). Elle a été modérée par Maryline Baumard.

    La table ronde avait pour objectif de faire le point sur les moyens d’expressions dont la société civile peut se servir pour faire entendre sa voix, que celle-ci prenne la forme de revendications, de manifestations ou encore de productions artistiques.

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    KEYNOTE #3

    LE PARTENARIAT ENTRE ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DU NORD ET SUD : QUEL ACCOMPAGNEMENT POUR ATTEINDRE DES OBJECTIFS COMMUNS ?

    Cette Keynote a été délivrée par Liliane Umubyeyi, Coordonnatrice de la Recherche chez Avocats sans frontières. Elle était modérée par Maryline Baumard.

    La présentation a porté sur le partenariat qui existe entre les organisations de la société civile du Nord et du Sud. Se basant sur son expérience au sein de l’organisation ‘‘Avocats sans Frontières’’, Liliane Umubyeyi a présenté la problématique à travers une série de questions dont l’essentiel porte sur le préjugé tendant à présenter le déséquilibre des rapports entre les sociétés civiles du Nord et du Sud.

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    Conclusion

    La rencontre a pris fin par l’intervention des initiateurs du projet, Fabien Pagès, Yves Pascouau et Sékou Koureissy Condé, qui ont remercié intervenants et participants pour la qualité des débats et la richesse des contributions des uns et des autres.
    Les discussions tenues lors des différentes tables rondes et keynotes, ont permis de souligner la nécessité pour la société civile de s’organiser en tant qu’acteur, afin d’améliorer la qualité de ses interventions, de représenter de manière crédible les intérêts des citoyens et de contribuer efficacement aux processus de gouvernance et de développement.
    Cela nécessite la mise en place d’un cadre de dialogues et de concertations qui encourage et facilite des synergies entre les différentes OSC d’Europe et d’Afrique, en vue d’apporter des réponses collectives et efficaces aux enjeux communs. C’est tout le sens du projet Les «Dynamiques.»

     

    A quoi ressemblera l’Afrique du « jour d’après » ?

    Mi-mai, « Le Monde Afrique » a organisé, en partenariat avec Les Dynamiques quatre web-débats pour donner un écho aux idées, aux projets que portent penseurs, artistes ou militants du continent. Les quatre discussions qui se sont tenues via des web-débats du 5 au 8 mai s’inscrivent dans cette lignée. Ces temps forts ont permis d’aborder des thèmes centraux et de dessiner les contours d’une Afrique capable de rebondir. Une Afrique, déjà prête à rebondir dans l’après-coronavirus et à écrire « le jour d’après ».

    La santé d’abord !

    Sans une bonne santé, pas d’économie pérenne. C’est ce que la crise mondiale du nouveau coronavirus vient de rappeler brutalement aux Etats du monde entier. L’Afrique, bien que peu touchée par la pandémie avec ses 75 530 cas déclarés et 2 559 décès au 15 mai, ne fait pas exception. Si le quatuor d’invités du premier web-débat organisé par Le Monde Afrique, mardi 5 mai, s’est accordé sur ce point, tous ont abondé sur les chemins à suivre pour permettre d’offrir aux 1,2 milliard d’Africains le bien-être et les soins qu’ils attendent.

    « La santé est une question cruciale, au carrefour de tous les secteurs économiques », a insisté le docteur Seydou Coulibaly, économiste, chargé pour l’Afrique de l’Ouest des questions de financement et de couverture sanitaire universelle au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais, attention, si les Etats n’y travaillent pas, le privé veille. En embuscade pour se saisir de marchés prometteurs quand la classe moyenne africaine s’élargira.

    Penser plus loin avec les artistes

    Même s’il n’endosse pas officiellement ce rôle, l’artiste est le premier architecte de l’Afrique de demain, celui qui pense le continent plus loin. Certains agissent dans l’urgence palliant la faiblesse, voire l’incurie, des politiques publiques africaines, comme Mahi Binebine, peintre, romancier et sculpteur de renommée internationale, qui a mis son talent et son argent, avec Nabil Ayouch, le réalisateur de Much Loved sélectionné à Cannes en 2015, au service des gamins des bidonvilles du Maroc.

    D’autres travaillent à transformer directement les lieux de vie pour faire société autrement. Une approche que développe l’Ivoirien Issa Diabaté, architecte et urbaniste, diplômé de Yale, aux Etats-Unis. « L’architecture et l’urbanisme ont toujours été des outils de transformation de la société. Des outils politiques et géographiques », explique-t-il exemple à l’appui.

    Dénoncer ou agir ?

    Avec la violence de la crise économique qui menace le continent, il est plus que jamais urgent de se poser la question du « comment ». Comment changer la société pour en faire un espace plus social, plus juste, plus durable ? Faut-il dénoncer ou faut-il agir ? Faut-il combattre hors du champ politique ou descendre dans l’arène ?

    Quatre personnalités militantes africaines aux parcours singuliers ont répondu à ces questions. La Tchadienne Hindou Oumarou Ibrahim, le Camerounais Valsero ou l’Ivoirien Antoine Assalé Tiemoko sont tous passés par le creuset de la société civile, « grosse école de formation des citoyens », pour le rappeur Valsero. Mais ensuite, leurs chemins et leurs stratégies ont différé…

    La tech, pour le meilleur ou pour le pire ?

    L’épreuve du Covid-19 l’a montré : Internet est un allié et un ennemi. Un levier pour la prévention et un moyen de surveiller les populations… « Même en exigeant le consentement des citoyens pour que leurs données personnelles puissent être utilisées, le danger est évidemment de traquer les individus en traquant le virus », soutenait lors du web-débat Gildas Guiella, créateur de WakatLab, premier fab-lab africain en 2011 basé à Ouagadougou.

    Si le pire n’est jamais loin, Moustapha Cissé, professeur d’intelligence artificielle (IA) à l’Institut africain de sciences qui a créé avec Facebook et Google en 2017 le premier master d’IA du continent, voulait aussi voir que « le meilleur » arrive aujourd’hui sur le continent via la tech. Le mathématicien veut croire à une technologie « qui soit alignée sur les valeurs que chaque société considère comme les meilleures ».

     

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